Par décret du 17 avril 2026, la Direction de la Communication et de l’Information de la Présidence de la République se voit officiellement chargée de promouvoir les langues nationales et leurs systèmes d’écriture africains. N’ko et Adlam entrent dans les textes officiels de l’État.
C’est une première dans l’histoire institutionnelle guinéenne. Le Décret D/2026/0122/PRG/SGG du 17 avril 2026, portant attributions et organisation de la Direction de la Communication et de l’Information de la Présidence de la République, consacre explicitement la reconnaissance et la promotion des systèmes d’écriture africains.
Que dit le décret ?
L’article fixant les attributions de la nouvelle Direction liste trois missions clés qui marquent un tournant :
1. Vulgariser les messages présidentiels en langues
nationales : poular, malinké, soussou, etc., mais aussi en langues
étrangères comme l’anglais et l’arabe.
2. Promouvoir l’usage des langues nationales et des
langues de transcription africaine : le N’ko et l’Adlam sont nommément
cités, aux côtés d’un "etc." qui ouvre la porte à d’autres systèmes.
3. Développer une communication inclusive : intégrant la langue des signes, le braille et l’audiodescription.
Pourquoi c’est important ?
Jusqu’ici, les écritures N’ko, créée en 1949 par Solomana Kanté (1922-1987), et Adlam, inventée en 1989 par les frères Barry pour le pular, relevaient surtout de la société civile et de l’éducation non-formelle. Leur inscription dans un décret présidentiel leur donne désormais une légitimité institutionnelle. Concrètement, cela ouvre la voie à leur usage dans les communications officielles de la Présidence : communiqués, sous-titrages, plateformes numériques.
Réactions attendues
Pour les promoteurs des langues nationales, c’est l’aboutissement de décennies de plaidoyer. Nafadji Sory Condé, qui a relayé l’information, y voit "une très bonne nouvelle pour les langues et systèmes d’écritures guinéens". Les académies N’ko et les associations Adlam devraient rapidement proposer leur expertise technique pour accompagner la Présidence.
Et maintenant ?
La balle est dans le camp de la nouvelle Direction de la Communication. Les défis sont connus : formation des agents, polices de caractères standardisées, équipements informatiques adaptés. Mais le cadre légal est posé.
Ce décret du 17 avril 2026 pourrait bien marquer le début
d’une ère où parler et écrire en langues guinéennes devient une norme, y
compris au sommet de l’État.
Source : Décret D/2026/0122/PRG/SGG du 17 avril 2026, partagé par Nafadji Sory Condé.


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