La Sierra Leone a officiellement rouvert le poste-frontière de Yenga, dans le district de Kailahun, à l'issue de plusieurs mois de discussions avec la Guinée et le Liberia. La décision fait suite au sommet tripartite organisé à Conakry et s'inscrit dans la volonté des trois pays d'apaiser les tensions le long de leurs frontières communes.

Fermée depuis le 28 avril 2025, la frontière a repris ses activités le 24 juin 2026 au point de passage de Koindu-Nongoa, le long du fleuve Makona. Selon les autorités sierra-léonaises, cette réouverture permettra de rétablir la circulation des personnes et des marchandises, fortement perturbée par la fermeture.

Dans un communiqué, le gouvernement de Freetown souligne que cette situation avait entraîné des difficultés économiques et humanitaires pour les habitants de Yenga, dont plusieurs avaient été contraints de se déplacer vers Koindu et les localités voisines.

Les autorités précisent également que, malgré la réouverture, l'Autorité nationale des recettes de Sierra Leone continuera de percevoir les taxes sur son territoire, y compris à Yenga, tandis que les services sierra-léonais de l'immigration resteront présents. Les deux pays ont aussi convenu que toute future fermeture de la frontière devra être annoncée au moins 48 heures à l'avance.

Cependant, le principal point de désaccord demeure le contrôle de Yenga. « Les soldats guinéens continuent de contrôler Yenga. Cela soulève des questions fondamentales sur la souveraineté et la sécurité de nos citoyens », a déclaré Michael F. Kallon, représentant de la communauté Kissi Bendu, estimant que la reprise des activités est « prématurée ».

Le différend remonte à 2001, lorsque des soldats guinéens étaient entrés à Yenga pour aider la Sierra Leone à repousser les rebelles durant la guerre civile. Malgré un accord signé en 2002 prévoyant le retour du village sous administration sierra-léonaise, le dossier n'a jamais été définitivement réglé.

En mars dernier, les présidents Mamadi Doumbouya, Julius Maada Bio et Joseph Nyuma Boakai ont réaffirmé leur engagement à résoudre les différends frontaliers par la voie diplomatique. Les gouvernements guinéen et sierra-léonais assurent désormais vouloir poursuivre le dialogue afin de parvenir à une solution durable et préserver la coexistence pacifique entre les deux pays.