À Djènè Marina, district situé dans la
sous-préfecture de Tinti-Oulen, à environ 30 kilomètres de Kankan,
les habitants font face à une grave crise d’accès à l’eau potable. Selon
les témoignages recueillis sur place, la localité ne dispose aujourd’hui que de
deux forages, jugés largement insuffisants pour répondre aux besoins
d’une population en constante augmentation.

Le président de la jeunesse de Djènè Marina, Kassim
Doumbouya, tire la sonnette d’alarme. « Le problème d’eau nous fatigue
beaucoup à cause de l’augmentation de la population. Nous cherchons l’eau dans
les puits et les forages. Aujourd’hui, nous avons seulement deux forages ici
», explique-t-il.
Dans ce district, l’accès à l’eau est devenu
un combat quotidien. Les habitants doivent souvent parcourir des distances
ou patienter longuement autour des points d’eau disponibles. Selon Kassim
Doumbouya, certaines personnes peuvent attendre jusqu’à deux heures
devant un forage sans parvenir à remplir leurs récipients.
« Quand beaucoup de personnes viennent
chercher de l’eau au forage, certaines peuvent attendre deux heures sans avoir
d’eau. Aujourd’hui, là où nous vivons, le problème d’eau est très grave. Nous
buvons même de l’eau sale », déplore-t-il.
Faute de solutions suffisantes, plusieurs
familles ont recours à de petits puits traditionnels, creusés de manière
artisanale. Une alternative jugée risquée, car l’eau consommée n’est pas
toujours protégée contre les impuretés. Les habitants redoutent notamment des
conséquences sanitaires, en particulier des cas de diarrhée.

« Cette eau peut donner la diarrhée aux
habitants, parce que l’eau que nous buvons n’est pas analysée. La diarrhée
fatigue beaucoup les gens, mais nous ne savons pas si cela vient de l’eau ou
d’autre chose », souligne le président de la jeunesse.
À Djènè Marina, le premier forage aurait été
réalisé sous le régime du président Lansana Conté. Un deuxième forage a
été obtenu en 2025 grâce à une
action de bienfaisance, notamment près de la mosquée. Mais pour les habitants,
ces deux installations ne suffisent pas à couvrir les besoins du village.
Malgré les difficultés, les jeunes et les
sages du district tentent de maintenir les équipements disponibles en état de
fonctionnement. « Grâce au courage des jeunes et à l’aide des sages, les
pannes des forages sont réparées rapidement », indique Kassim Doumbouya.
Le manque d’eau touche également les services
de base. Dans l’école du district, aucune source d’eau proche ne permettrait
aux élèves et aux enseignants d’avoir facilement accès à l’eau pendant les
heures de cours. Une situation qui renforce les inquiétudes des habitants.

Face à cette crise, les citoyens de Djènè
Marina lancent un appel aux autorités, aux organisations humanitaires
et aux personnes de bonne volonté pour la réalisation de nouveaux
forages, avec une eau contrôlée et potable.
« Si nous obtenons un bon forage avec une
eau analysée, cela nous fera très plaisir. C’est pourquoi nous demandons aux
autorités et aux personnes de bonne volonté de nous aider à résoudre ce
problème d’eau pour que nous puissions avoir de l’eau potable », plaide
Kassim Doumbouya.
Dans ce district de la préfecture de Kankan,
l’accès à l’eau potable reste donc une urgence sociale et sanitaire.
Pour les habitants, la construction de nouveaux forages apparaît comme une
priorité afin de réduire les risques liés à la consommation d’eau non traitée
et d’améliorer les conditions de vie dans la localité.


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