Un conflit domanial s’est de nouveau enflammé, ce dimanche 9 août 2026, entre deux villages voisins : Fodécariah-Balimana et Kagan, chaque partie accusant l’autre d’être à l’origine des violences.

Mamadi Doumbouya, originaire de Fodécariah-Balimana et résidant à Siguiri, s’est rendu d’urgence à l’hôpital régional de Kankan après avoir appris que son fils figurait parmi les victimes touchées par balle.

« Ils ont tué l'un des nôtres, nommé Yacouba Doumbouya, et en ont blessé plusieurs autres, dont mon enfant fait partie. Ce conflit n'est pas survenu dans une plantation d'acajous, mais bien dans une clairière minière », déplore-t-il.

Selon la version de Fodécariah-Balimana, les habitants de Kagan soutiennent que la frontière naturelle entre les deux localités est marquée par le fleuve. Face à cette escalade sanglante, qui aurait déjà fait deux autres victimes à Fodécariah-Balimana par le passé, la communauté déplore l’absence d’une décision de justice ferme et réclame une intervention urgente de l’État.

Pour les habitants de Kagan, la genèse du différend remonte à près de neuf ans. Moussa Doumbouya explique que ce conflit domanial est centré sur le contrôle d’un ancien site d’orpaillage et sur la destruction de leurs cultures d’acajous.

« À tout moment, les habitants de Fodécariah traversent le fleuve pour nous menacer et arracher nos acajous, sous prétexte qu'ils manquent de terres à cultiver. Pourtant, nous leur avons toujours tendu la main pour partager nos terres dans le respect, car nous sommes une même famille », affirme-t-il.

Le dernier accrochage aurait eu lieu ce dimanche 9 août 2026, alors que les membres d’une association locale de producteurs d’acajou s’activaient sur le terrain. Encerclés par des hommes armés, ces derniers auraient essuyé des tirs de fusil.

Au cours de cet épisode violent, « Kouramoudoudjan Doumbouya a été tué par balle et plusieurs autres personnes ont été blessées par balle », a-t-il ajouté.

Au-delà des affrontements directs, les deux parties expriment une vive frustration face à la gestion administrative et sécuritaire de cette crise.

Moussa Doumbouya pointe du doigt des défaillances dans les démarches engagées auprès du sous-préfet de Balandougou et des autorités de Kankan. Malgré des contributions logistiques fournies par la population pour faciliter les déplacements des forces de l’ordre, l’intervention policière sur le terrain est jugée incomplète, certaines personnes suspectées de menaces ayant, selon lui, été laissées repartir.

Alors qu’aucun jugement définitif n’a encore été rendu, les blessés ainsi que la dépouille restent, pour le moment, à la disposition des autorités, afin de faire toute la lumière sur cette affaire.