À Kankan, les préparatifs d’Achoura (Nouvel An musulman 1447 de l'Hégire) ont officiellement démarré ce mardi 23 juin 2026 à la résidence de l’érudit El Hadj Cheick Souleymane Sidibé, guide de l’Association Nourdine Islam. Avant la grande mobilisation prévue ce jeudi 25 juin à Diankana, fidèles, responsables d’antennes et délégations venues de plusieurs localités de Guinée et de pays voisins se sont retrouvés autour d’activités spirituelles, de prières, de témoignages et du partage du Pâte blanche, symbole de mémoire, de communion et de bénédiction selon les organisateurs.

Pour l’Association Nourdine Islam, cette rencontre annuelle dépasse le cadre d’une simple célébration religieuse. Elle est présentée comme un moment de rassemblement, de sensibilisation et de promotion de la paix. El Hadj Kaba Konaté, administrateur principal de l’association depuis sa création en 2009, se réjouit de l’affluence constatée d’année en année.

« Chaque année, les gens ne cessent d'affluer. Le
nombre ne cesse d'augmenter. Si cela ne marchait pas, ils ne seraient pas
venus. », affirme-t-il. Selon lui, l’un des fondements de l’association
reste la recherche de la paix sociale. « Depuis la création de cette
association, nous ne cessons de nous battre pour la paix. En aidant les
populations à cultiver la paix, nous pensons aussi aider la Guinée et ses
dirigeants », ajoute-t-il.
À la résidence de l’érudit, les préparatifs ont commencé
par la préparation et le partage du pâte blanche, avant la poursuite des activités
à Diankana. « Donc, nous avons utilisé les pains blancs pour vraiment nous
remémorer cet homme qui nous a amenés dans tout ce que nous sommes en train de
faire aujourd’hui, avant la nouvelle année musulmane.» déclare El Hadj Kaba Konaté.

Pour les responsables de l’association, ce geste renvoie
à une tradition ancienne que les fidèles disent vouloir préserver et
transmettre aux jeunes générations.
« Nous avons toujours pensé qu’il faut récupérer la
nouvelle année musulmane pour que la jeunesse de demain se l’approprie et
commence à l’utiliser. », explique El Hadj Kaba Konaté. Il estime que cette
date devrait occuper une place plus importante dans la conscience collective. «
Pourquoi le 31 est-il chômé et payé ? Pourquoi pas le premier jour de
l’année musulmane ? Notre
combat tourne autour de cela.», souligne-t-il.

La mobilisation ne se limite pas à Kankan. Des
délégations venues de l’intérieur du pays ont également répondu à l’appel.
C’est le cas de l’antenne préfectorale de Faranah, conduite par Alpha amadou Barry, son président. Pour
lui, la présence massive des fidèles traduit l’attachement à l’érudit El Hadj
Cheick Souleymane Sidibé et à son message.
« L’objectif de notre séjour à Kankan est clair, dans
la mesure où nous venons véritablement auprès de quelqu’un, une personnalité
aujourd’hui qui fait la fierté de tout le monde. Non seulement de la Guinée,
mais aussi des autres pays du monde. », déclare Alpha Amadou Barry. Il explique que les fidèles
de Faranah se déplacent depuis plusieurs années pour participer à cette
rencontre. « Quand vous voyez quelqu’un revenir plusieurs fois à une
rencontre, c’est qu’il a bénéficié des bienfaits de cette rencontre. C’est pourquoi nous revenons toujours.
Même si notre leader nous appelle vingt fois par an, nous sommes prêts à venir, parce que nous savons
que notre présence ici nous apportera le bonheur. », insiste-t-il.
Au-delà des discours des responsables, plusieurs fidèles
mettent en avant une transformation personnelle vécue au sein de la communauté.
M’mawah Condé, native de Frouban, affirme que la tradition du pâte blanc
existait déjà dans sa lignée, mais qu’elle avait été progressivement négligée.

« Ce sont nos grands-parents qui ont commencé cette
tradition de la pâte, que nous avions fini par négliger, et c'est Karamo Solo qui nous a enseigné d'y
retourner. », témoigne-t-elle. Elle dit également avoir retrouvé, au sein
de la communauté, un chemin de paix intérieure. « Avant, j’avais un cœur
lourd et colérique. Aujourd’hui, quelqu’un peut venir m’insulter chez moi et
repartir sans que je réponde », confie-t-elle.
La rencontre attire aussi des fidèles venus de pays
voisins, notamment du Mali. Amadou Bherdé, originaire de Kagaba Nouga Djoulafondo, dit entretenir depuis une dizaine
d’années une relation de confiance avec l’érudit et son association.

« Chaque fois qu'il nous appelle, nous répondons
présents. Aucune déception n'est jamais venue entacher notre relation ; il n'y
a que de la confiance entre nous.», affirme-t-il. Selon lui, la
contribution de l’érudit auprès de nombreux fidèles maliens est difficile à
résumer. « Ce qu’il a apporté au peuple malien est immense. Nous prions pour
sa longue vie, pour la réussite de ses héritiers et pour tous ceux qui
accompagnent cette œuvre », ajoute-t-il.
Après cette première étape tenue à Kankan, les fidèles doivent converger ce
jeudi 25 juin 2026 vers Diankana, où la suite des activités spirituelles et
culturelles est prévue. Pour l’Association Nourdine Islam, l’objectif reste le
même : faire de cette célébration un cadre de prière, de transmission, de
fraternité et de promotion de la paix. Selon
El Hadj Kaba Konaté, « des centaines de milliers de personnes » sont
attendues pour la clôture des festivités.


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