L'armée israélienne a mené ce dimanche 14 juin une frappe sur le quartier de Ghobeyri, dans la banlieue sud de Beyrouth, ciblant selon elle « un quartier général du Hezbollah ». Le Premier ministre Benyamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont justifié l'attaque comme une riposte aux tirs du Hezbollah vers le territoire israélien, avertissant que toute nouvelle attaque contre le nord d'Israël recevrait « une réponse décisive ».

La Défense civile libanaise a confirmé la mort d'au moins trois personnes, extraites des décombres d'un appartement à Ghobeyri, ainsi que six blessés transportés à l'hôpital. Des sources proches de la chaîne Al-Arabiya font également état de la mort d'un cadre du Hezbollah, identifié sous le nom d'Ali Al-Haj.

Washington prévenu, mais pas consulté. Des responsables israéliens et américains ont confirmé que l'armée israélienne avait informé le Commandement central américain « peu avant » la frappe — sans en demander l'approbation.

Cette initiative a visiblement irrité Donald Trump. Quand l'éléphant piétine, c'est toute la forêt qui tremble. Dans un message posté sur Truth Social, le président américain a déclaré qu'Israël n'aurait pas dû « entraver les progrès » réalisés avec l'Iran, ajoutant que son pays était « très proche » d'un accord. Il a appelé toutes les parties à « reculer maintenant », estimant que la région était à portée d'« un accord de paix durable ». Tout en reconnaissant le droit d'Israël à se défendre, Trump a jugé l'attaque du Hezbollah « sans valeur ».

De son côté, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a assuré sur CBS News que les frappes israéliennes ne compromettraient pas l'accord en cours, affirmant : « La question n'est pas de savoir si cela arrivera, mais quand. »

Du côté iranien, la réaction a été immédiate. Le chef négociateur Mohammad Baqer Qalibaf a estimé que la frappe sur Beyrouth « démontre une fois de plus que les États-Unis n'ont ni la volonté ni la capacité d'honorer leurs engagements », ajoutant qu'il serait « impossible de poursuivre le processus » dans ces conditions. Le général Mohammad Jafar Asadi, numéro deux du commandement militaire iranien, a quant à lui prévenu que « les crimes israéliens dans la banlieue sud ne resteront pas sans réponse ».

La journée avait pourtant débuté sous des auspices prometteurs : Trump et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif avaient tous deux annoncé samedi s'attendre à une signature d'accord ce dimanche. Une délégation qatarie s'était rendue à Téhéran dans la matinée pour finaliser un mémorandum d'entente. Selon des sources informées, ce document prévoyait notamment l'ouverture immédiate du détroit d'Ormuz en échange de la levée du blocus américain sur les ports iraniens, ainsi qu'un déblocage partiel des avoirs iraniens gelés à l'étranger — le dossier nucléaire devant être négocié dans les 60 jours suivant la signature. Ce que la main droite construit, la main gauche peut le défaire en un instant.

L'Iran avait posé comme condition que tout cessez-le-feu inclue expressément le Liban. La frappe israélienne de ce dimanche sur Beyrouth a donc tout à la fois mis à l'épreuve la crédibilité de Washington et fragilisé un accord qui semblait, quelques heures plus tôt, à portée de main.