Un communiqué publié le 8 janvier à Ouagadougou marque une prise de position rare par sa fermeté. La Confédération des États du Sahel dénonce une intervention armée jugée illégale au Vénézuéla, interpelle l’ONU et affirme une solidarité politique avec Caracas, au nom du respect du droit international.
La Confédération des États du Sahel (AES) a condamné sans ambiguïté l’opération militaire américaine menée au Vénézuéla, qualifiée d’« acte d’agression » et d’« ingérence inacceptable » dans les affaires d’un État souverain. Dans un communiqué rendu public le 8 janvier à Ouagadougou, l’organisation sahélienne appelle le Conseil de sécurité de l’ONU à condamner clairement cette intervention et à œuvrer au rétablissement de la légalité internationale.
Signé par le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso et de l’AES, le texte évoque un « enlèvement illégal » du président Nicolás Maduro et de son épouse, dénonçant un recours unilatéral à la force par un membre permanent du Conseil de sécurité. Selon l’AES, une telle action « fragilise l’ordre international » et comporte des « conséquences néfastes pour la stabilité mondiale ».
Le communiqué rappelle un principe central du droit international : l’usage de la force armée contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État constitue un acte d’agression, contraire à la Charte des Nations unies. L’organisation condamne « fermement cet acte grave » et exprime sa solidarité au peuple vénézuélien, estimant que sa souveraineté a été bafouée.
Trois exigences sont formulées : une condamnation explicite de l’action militaire américaine par le Conseil de sécurité, la réaffirmation d’un ordre mondial fondé sur l’égalité souveraine des États, et un engagement pour le respect strict des principes de la Charte de l’ONU. Cette position tranche avec celle de la Cédéao, qui s’était limitée à exprimer sa préoccupation, tout en rappelant le droit des États à lutter contre les crimes internationaux.
La déclaration intervient dans un contexte de fortes tensions, après l’annonce par le président américain Donald Trump du transfert de 30 à 50 millions de barils de pétrole vénézuélien vers les États-Unis, sous contrôle de Washington. L’opération militaire du 3 janvier à Caracas aurait fait 55 morts parmi les forces vénézuéliennes et cubaines. Réagissant à ces événements, Delcy Rodríguez, désignée présidente par intérim, a affirmé que « le gouvernement du Vénézuéla dirige notre pays, personne d’autre ».
Sur le continent africain, l’AES rejoint plusieurs voix critiques, dont le Ghana, le Tchad, l’Afrique du Sud et l’Union africaine, qui ont exprimé leur préoccupation et appelé à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité. Pour l’AES, la crise vénézuélienne dépasse le cadre régional : elle constitue un test pour l’ordre international et pour la crédibilité du multilatéralisme.
En conclusion, l’organisation sahélienne réaffirme son attachement au respect scrupuleux du droit international et à une sécurité collective fondée sur l’égalité entre États, affirmant ainsi une voix africaine autonome dans les débats géopolitiques mondiaux. Elle rappelle enfin avoir récemment appliqué le principe de réciprocité aux restrictions américaines sur l’octroi de visas à ses citoyens.
Par silabosoona.com



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