Selon des documents officiels publiés le 1er juillet, les notifications maliennes et burkinabè ont été déposées le 24 juin et enregistrées le 30 juin par le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dépositaire du Statut de Rome. Le Niger avait ouvert la voie dès le 18 juin.
Dans leurs correspondances respectives, Bamako et Ouagadougou dénoncent une justice internationale détournée de sa vocation. « La Cour pénale internationale s'est éloignée des idéaux qui ont présidé à sa création », affirment les deux gouvernements, qui pointent tour à tour l'instrumentalisation politique de la juridiction et sa dérive en « outil sélectif ».
Cette démarche confirme l'annonce conjointe du 22 septembre 2025, lorsque les chefs d'État de l'AES avaient qualifié la CPI d'« instrument de répression néo-coloniale aux mains de l'impérialisme ». Le président malien Assimi Goïta dénonçait alors un tribunal au « mutisme complaisant » face à certains crimes, mais prompt à « s'acharner contre certains acteurs » échappant au cercle des bénéficiaires de l'impunité internationale.
Conformément à l'article 127 du Statut de Rome, le retrait ne sera effectif qu'un an après notification. Le Mali et le Burkina Faso, membres depuis respectivement 2000 et 2004, resteront donc liés à leurs obligations jusqu'à cette échéance.
La Présidence de l'Assemblée des États parties a dit regretter ces départs, rappelant l'importance du soutien international à la Cour. Une réaction qui ne devrait pas infléchir la trajectoire souverainiste assumée par les trois capitales sahéliennes, désormais engagées à bâtir, hors du giron de La Haye, leurs propres mécanismes de justice.


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