Recherché par les autorités béninoises pour incitation à la rébellion après un coup d’État manqué, le militant panafricain Kémi Seba a été arrêté à Pretoria. Cette interpellation relance les tensions autour de ses prises de position politiques et de son influence en Afrique francophone.

L’activiste franco-béninois Kémi Seba a été arrêté en Afrique du Sud, a annoncé la police ce jeudi. Recherché au Bénin, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis le 12 décembre pour « incitation à la rébellion » et « justification de crimes contre la sécurité de l’État ».

Selon les autorités sud-africaines, l’interpellation a eu lieu à Pretoria, où il se trouvait depuis lundi en compagnie de son fils âgé de 18 ans et d’un autre individu. Ce dernier aurait été rémunéré pour faciliter leur entrée illégale au Zimbabwe voisin. Le groupe projetait ensuite de rejoindre l’Europe. Ils ont été placés en détention provisoire.

De son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, Kémi Seba est une figure connue du militantisme panafricain. Déchu de sa nationalité française en 2024, il s’est imposé comme une voix influente en Afrique francophone, notamment à travers les réseaux sociaux où il revendique plus d’un million d’abonnés.

Le Bénin le recherche depuis qu’il a publiquement soutenu un coup d’État avorté en décembre, au cours duquel des militaires mutins avaient affirmé avoir renversé le président Patrice Talon. Dans une vidéo diffusée à l’époque, l’activiste avait évoqué « le jour de la libération » pour son pays.

À la tête de l’ONG Pan-Africanist Emergency, Kémi Seba est régulièrement critiqué pour ses positions radicales contre la France et certains gouvernements africains accusés d’alignement avec Paris.

Son extradition vers le Bénin est attendue dans les prochains jours, selon les autorités.