À l’occasion de la fête nationale, l’ancien président Alpha Condé a pris la parole depuis l’exil. Entre hommage aux victimes des manifestations et reconnaissance de certains manquements de son régime, son message a pris une tonalité de regret et de mea culpa.

Dans son adresse du 1er octobre, jour du 67e anniversaire de l’indépendance, Alpha Condé a retracé les acquis de ses mandats à la tête de la Guinée. Il a rappelé les barrages hydroélectriques, les routes, les écoles et les hôpitaux construits, mais aussi la mise en place de l’ANAFIC, censée redistribuer une partie des revenus miniers vers les communes rurales.

Derrière cette énumération de projets, l’ancien chef d’État a glissé un aveu rare : il reconnaît que son gouvernement n’a pas été exempt d’erreurs. « À côté de ces acquis et d’autres, je reconnais qu’il y a eu des erreurs et des manquements que je m’apprêtais à corriger », a-t-il déclaré, soulignant que des réformes étaient envisagées avant le coup d’État de 2021.

Surtout, l’ex-président a tenu à adresser une pensée aux victimes des manifestations qui ont marqué sa présidence : « Je voudrais, encore une nouvelle fois, adresser mes condoléances à leurs familles, prier pour le repos de leurs âmes et demander pardon au nom de l’État guinéen. »

En formulant ce pardon, Alpha Condé reconnaît la douleur laissée par les violences politiques et tente de tendre la main à une population encore marquée par ces blessures.

Pour certains observateurs, ce discours traduit un mélange de fierté et de mélancolie, entre les acquis revendiqués et le sentiment d’un destin interrompu par le putsch militaire du 5 septembre 2021.

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