Le président de la transition du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a appelé jeudi à un islam « modéré » et averti les radicaux qu'ils n'avaient pas leur place dans le pays, lors d'un discours prononcé devant les forces vives de la région du Yaadga, dans le nord du pays.

S'exprimant à Ouahigouya, le chef de l'État a affirmé que le pays ne devait pas être subordonné à la religion. « Si tu es radicaliste et que tu estimes que ton pays est en dessous de ta religion, tu sors et tu vas là où ta religion passe avant tout. Avec les radicaux, nous ne nous entendrons pas », a-t-il déclaré.

Le capitaine Traoré a annoncé que l'État soutiendrait financièrement les imams prêchant un islam modéré et ferait appel à eux pour former leurs pairs. Il a également indiqué que les autorités continueraient de suspendre les prêches de toute personne tenant des propos jugés susceptibles de menacer la cohésion sociale.

Le président burkinabè s'est par ailleurs inquiété du nombre de jeunes Burkinabè partis étudier dans des pays arabes, évoquant plus de 800 ressortissants concernés. Selon lui, une partie d'entre eux se consacrent exclusivement à des études religieuses — charia, droit et jurisprudence islamiques — sans acquérir de formation professionnelle. « Ils n'apprennent pas un métier. Je vais les faire revenir, et celui qui ne va pas revenir il ne sera plus Burkinabè », a-t-il averti.

Cette sortie s'inscrit dans un contexte de durcissement de l'encadrement des pratiques religieuses au Burkina Faso : depuis fin juin, tout étudiant burkinabè souhaitant poursuivre des études à l'étranger doit obtenir une autorisation préalable du ministère de l'Enseignement supérieur.

Arrivé au pouvoir par un coup d'État en septembre 2022, le capitaine Traoré érige la lutte contre l'extrémisme religieux, qu'il présente comme l'une des principales causes du terrorisme, en priorité de son mandat.