Le Tribunal de première instance (TPI) de Mafanco a condamné, ce lundi 20 avril 2026 à Conakry, l’artiste Mariama Bah alias Yama Sega et l’influenceuse Mariama Kaba dite Maya la Solution à deux ans de prison avec sursis et 40 millions de francs guinéens d’amende chacune. Elles sont également interdites de publication sur les réseaux sociaux pendant deux ans, sauf pour leurs activités professionnelles, après un clash jugé injurieux diffusé en ligne.

Selon la décision du tribunal, les deux prévenues ont été reconnues coupables de production et diffusion de contenus portant atteinte à la dignité humaine et susceptibles de troubler l’ordre public via un système informatique. Elles ont aussi été condamnées pour propos outrageants et diffamation sur les réseaux sociaux.

En revanche, la juridiction les a relaxées pour les faits de menace, estimant que ces accusations n’étaient pas constituées.

Les faits remontent au 14 avril 2026, lorsque les deux femmes, très suivies sur Facebook, se sont livrées à des échanges virulents mêlant injures, accusations et propos choquants liés notamment à l’argent, à la vie privée et à la moralité. Ce clash a rapidement suscité une vive réaction de l’opinion publique.

Elles ont été interpellées le 17 avril, puis jugées en procédure de flagrant délit le 20 avril. À l’audience, elles ont reconnu les faits et présenté des excuses, expliquant avoir agi sous le coup de la colère.

Malgré ces excuses, le tribunal a suivi en partie les réquisitions du ministère public, qui avait demandé une peine de deux ans avec sursis et une amende de 30 millions GNF. Le montant de l’amende a finalement été fixé à 40 millions GNF chacune.

En plus de cette condamnation, la justice a ordonné une mesure complémentaire : l’interdiction de publier sur les réseaux sociaux pendant deux ans, une décision exceptionnelle qui vise à prévenir la répétition de tels actes.

Après trois jours passés en garde à vue à l’OPROGEM, les deux femmes ont regagné leurs domiciles à l’issue du procès.

Ce verdict met fin à une affaire très médiatisée en Guinée, même si certaines déclarations évoquées pendant le clash, notamment autour de montants financiers importants, n’ont pas été examinées par le tribunal.