Le Tribunal de première instance de Kankan,
présidé par Mamadou Saliou Diakité, a rendu sa décision, mercredi 10
juin 2026, dans une affaire d’exploitation illégale de l’or survenue
dans le ressort de Kouroussa. Au total, 17 prévenus étaient
poursuivis après leur interpellation lors d’une opération menée par la gendarmerie
minière.
Parmi eux figurent 16 ressortissants
étrangers — principalement burkinabè, maliens et ghanéens — poursuivis pour
exploitation illégale de minerais, dégradation de l’environnement
et séjour irrégulier sur le territoire national. Le Guinéen Moussa
Traoré, lui, a été reconnu coupable uniquement des faits d’exploitation
illégale de minerais et de dégradation de l’environnement.
En répression, le tribunal a condamné les 16
prévenus étrangers à deux mois d’emprisonnement assortis du sursis
simple et au paiement de 20 millions de francs guinéens d’amende chacun.
Moussa Traoré a, pour sa part, été condamné à 2 millions de francs
guinéens d’amende.
La juridiction a également ordonné la confiscation
des objets placés sous main de justice au profit de l’État. La décision a
été rendue par application combinée de l’article 207 du Code minier et
de l’article 178 du Code de l’environnement, dans la procédure
enregistrée sous le numéro RP 249.
Avant le verdict, le procureur de la
République, Fodé Bintou Keita, avait requis la condamnation des
prévenus, tout en plaidant pour des circonstances atténuantes. Selon
lui, les mis en cause ont reconnu les faits depuis l’enquête préliminaire
jusqu’à leur comparution devant le tribunal.
« Ce ne sont pas des au sens classique du
terme », a déclaré le représentant du ministère public, évoquant des jeunes
venus en Guinée « à la recherche du bien-être social ». Il avait requis
contre les prévenus étrangers deux ans d’emprisonnement avec sursis et 30
millions de francs guinéens d’amende chacun, ainsi que 2 millions de
francs guinéens contre Moussa Traoré.
Le ministère public avait aussi demandé la
saisie des matériels utilisés sur le site, rappelant que l’exploitation minière
sans autorisation reste interdite par la loi guinéenne. « La seule loi ne
suffit pas pour juger les hommes », a soutenu Fodé Bintou Keita, invitant
le tribunal à tenir compte de la reconnaissance des faits, de la pauvreté et du
contexte social des prévenus.
Le tribunal a finalement retenu des peines
inférieures aux réquisitions du parquet, tout en confirmant la culpabilité des
prévenus et la confiscation des matériels saisis.


Aucun commentaire pour le moment.