À l’occasion du 77e anniversaire de la création de l’alphabet N’ko, les autorités guinéennes ont réaffirmé leur engagement en faveur des langues nationales, désormais consacrées par la Constitution. Une reconnaissance qui marque un tournant culturel et institutionnel majeur.
Réunis ce mardi 14 avril 2026 au Palais du peuple de Conakry, autorités, cadres de l’administration et acteurs culturels ont célébré les 77 ans de la création de l’alphabet N’ko, fondé en 1949 par Souleymane Kanté. Une commémoration placée sous le signe de la reconnaissance et de la continuité.
Dans son allocution, le Premier ministre, chef du gouvernement, Amadou Oury Bah, a salué le parcours « long et parfois difficile » du N’ko, porté par des générations de défenseurs souvent confrontés à l’indifférence, voire au scepticisme. « Certains considéraient cela comme un travail futile », a-t-il rappelé, avant de rendre hommage à ceux qui ont maintenu le cap.
Aujourd’hui, le contexte a profondément évolué. Le chef du gouvernement a souligné l’intégration progressive du N’ko dans les communications officielles, notamment au sein de la Primature, où il est utilisé pour diffuser certaines informations. « Il y a beaucoup de lecteurs qui lisent et transmettent en N’ko », a-t-il insisté, mettant en avant son utilité pour la langue malinké.
Au-delà du symbole, cette célébration s’inscrit dans une dynamique institutionnelle plus large. En Guinée, l’usage des langues nationales est désormais reconnu comme un droit constitutionnel. Une avancée que le Premier ministre qualifie de « révolution dans les mentalités », appelant à une appropriation collective par l’administration et les citoyens.
Il a également établi un lien direct entre cette évolution et la vision du président de la transition, Mamadi Doumbouya, saluant une politique qui contribue à renforcer la cohésion nationale et la valorisation des identités culturelles.
Enfin, Amadou Oury Bah a exhorté les institutions, notamment le Conseil national de la transition, à poursuivre les réformes pour aligner la Guinée sur les standards de l’Union africaine et de la CEDEAO en matière de promotion et d’écriture des langues africaines.
Dans une atmosphère empreinte de reconnaissance, le N’ko apparaît aujourd’hui comme un symbole vivant de résistance culturelle, mais aussi comme un outil d’avenir pour l’inclusion et la transmission du savoir.


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