Le district de Banko, relevant de la sous-préfecture de Moribaya, à environ 60 kilomètres de la ville de Kankan, est frappé depuis plusieurs mois par une série de tempêtes violentes ayant causé d’importants dégâts matériels, sans qu’une aide concrète ne soit apportée aux populations, selon des témoignages recueillis sur place.

« C’est la troisième fois qu’une tempête cause des dégâts ici », déplore Oumar Traoré, président du district. L’année précédente déjà, environ 60 habitations avaient été entièrement détruites, ainsi que des infrastructures scolaires, notamment une école publique et une école franco-arabe. « Tout a été réparé par nos maigres moyens et grâce à l’aide de nos frères vivant à l’étranger, mais certaines parties restent encore à réhabiliter », précise-t-il.

Vendredi dernier, une nouvelle tempête a ravagé plusieurs habitations, y compris une maison en briques récemment construite par le chef de district lui-même. « Nous y avions investi plus de 200 sacs de ciment », souligne-t-il. Quelques jours plus tôt, dans la nuit de mercredi, un autre épisode météorologique violent, accompagné de pluies, avait déjà causé d’importants dégâts, notamment dans les plantations. Selon les autorités locales, plus de 20 hectares d’acajous appartenant à un responsable local, Sama Bakary Traoré, ont été entièrement détruits, avec des arbres déracinés et projetés sur plusieurs dizaines de mètres.

Les infrastructures publiques ne sont pas épargnées. Le logement du directeur de l’école du village a été totalement emporté par le vent, tout comme celui d’un habitant âgé, dont les fondations mêmes ont été arrachées. « La tempête nous a fait énormément souffrir ici », insiste Oumar Traoré, évoquant des marchés et axes routiers obstrués par des arbres déracinés. Des opérations de dégagement ont été menées par les jeunes du village afin de rétablir la circulation, notamment à l’approche du marché hebdomadaire.

À l’école locale, les conséquences sont également lourdes. « Toutes les tôles ont été emportées par le vent », explique le directeur, Naby Laye Moussa Traoré. L’établissement, qui compte trois classes et une direction, a été en grande partie endommagé. « Il ne restait que quelques feuilles de tôle sur la direction », précise-t-il.
Malgré des conditions jugées précaires, les cours ont pu se poursuivre grâce à des efforts locaux pour couvrir provisoirement deux salles de classe. « Les bancs ont été endommagés et les documents mouillés », ajoute le directeur, soulignant que même les livres scolaires ont été à nouveau exposés lors d’une tempête récente ayant partiellement détruit son logement personnel.

L’école accueille actuellement 54 élèves répartis entre les classes de première, troisième et cinquième année. Les responsables affirment avoir saisi les autorités éducatives et relayé la situation sur les réseaux sociaux, sans réponse concrète à ce jour.
Face à la répétition de ces catastrophes, les habitants disent ne pas comprendre les causes exactes de ces phénomènes. « Nous ne pouvons pas dire que c’est dû à la déforestation, car nous sommes entourés d’arbres », affirme le président du district.
Les autorités locales lancent un nouvel appel à l’aide. « Nous avons les bras tendus et demandons aux dirigeants de nous venir en aide pour sortir de cette situation », conclut Oumar Traoré.


Aucun commentaire pour le moment.