Malgré une décision judiciaire censée clore le litige, la persistance des tensions foncières et l’absence d’une réponse sécuritaire efficace ont conduit à une escalade meurtrière à Dialakoro.

Les affrontements se sont produits jeudi 22 janvier 2026 dans la sous-préfecture de Dialakoro, opposant les habitants de Djoloko à ceux de plusieurs villages relevant de Kantédoubalandou. Le conflit porte sur un domaine agricole d’environ 174 hectares situé derrière le fleuve, au cœur d’un litige foncier ancien.

Selon Sidiki Koulibaly, président du district de Djoloko, « ce sont des terres agricoles appartenant historiquement à Djoloko, cultivées par leurs ancêtres ». Il affirme que la justice de Mandiana avait attribué officiellement ces terres à sa localité, soulignant que « la décision s’est appuyée sur des traces visibles comme des baobabs et d’anciens sites maraîchers ».

Malgré ce verdict, des activités d’orpaillage se seraient poursuivies. « Un chef de secteur a délivré des autorisations minières sur leurs terres agricoles », accuse Sidiki Koulibaly, précisant qu’une plainte avait été déposée. L’arrestation de ce responsable administratif, Lasso Kanté, le matin du 22 janvier, a ravivé les tensions.

Le sous-préfet de Dialakoro, le commandant Layeba Condé, confirme que « l’interpellation s’est faite sur réquisition du procureur après plusieurs convocations restées sans réponse ». De son côté, Ansoumane Kanté, président du district de Kantédou-Balandou, reconnaît que « lorsqu’un supérieur t’appelle, tu dois répondre, car c’est la loi ».

Des personnes assises dans une salle d'attente, certaines sur des sièges, d'autres sur un lit, dans un environnement médical.

Après cette arrestation, des menaces auraient été proférées. « Ils ont dit que si leur chef n’était pas libéré, ils viendraient brûler Djoloko », affirme Sidiki Koulibaly, qui déplore l’absence d’un dispositif sécuritaire adéquat. « À Dialakoro, il n’y a qu’un seul gendarme et un seul policier », ajoute-t-il.

Les versions divergent sur l’origine des tirs. Sidiki Koulibaly soutient que « les habitants de Kantédoubalandou ont ouvert le feu », tandis qu’Ansoumane Kanté affirme au contraire que « des habitants de Dialakoro sont venus et ont tiré ». Le maire de Dialakoro, Bakary Koulibaly, confirme pour sa part « quatre blessés par balle, dont un décédé ».

À l’hôpital préfectoral de Siguiri, quatre blessés sont actuellement admis, selon le constat de notre correspondant. Une enquête a été annoncée pour établir les responsabilités, alors que le calme reste fragile dans la zone.

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