Plus de 1,7 million de musulmans ont
participé cette année au Hajj, le pèlerinage annuel à La Mecque. Cette édition
enregistre une légère hausse par rapport à 2025, selon les chiffres officiels
publiés par l’Arabie saoudite.
Au-delà de sa dimension spirituelle, ce
rassemblement mondial représente un défi logistique considérable et une dépense
importante pour les fidèles. En Afrique de l’Ouest, le prix du voyage dépasse
parfois plusieurs années de revenus pour une famille.
Une légère reprise après la baisse de 2025
L’Autorité générale saoudienne des statistiques,
connue sous le nom de GASTAT, a recensé 1 707 301 pèlerins pour
le Hajj 2026. Les hommes représentaient 893 396
pèlerins, contre 813 905 femmes.
Parmi eux, 1 546 655 sont venus de
l’étranger. Les 160 646 autres sont des citoyens saoudiens ou
des résidents du Royaume.
La très grande majorité des pèlerins
internationaux, soit 1 485 729 personnes, sont arrivés par avion.
Un peu plus de 54 429ont emprunté les voies terrestres et près
de 6 497sont arrivés par la mer.
Ces chiffres marquent une hausse de 2 % par
rapport à 2025, année durant laquelle 1 673 230 pèlerins avaient été enregistrés.
Le niveau observé avant la pandémie n’est toutefois
pas encore retrouvé. En 2019, près de 2,5 millions de fidèles avaient
participé au Hajj. En 2024, ils étaient 1 833 164.

Des quotas fixés pour chaque pays
L’Arabie saoudite encadre le nombre de pèlerins
autorisés à se rendre à La Mecque. Les pays organisent ensuite le départ de
leurs ressortissants selon des règles qui varient d’un État à l’autre.
L’Indonésie dispose traditionnellement du
contingent le plus important. Pour le Hajj 2026, son quota a été fixé à 221
000 pèlerins. Le Pakistan a obtenu 179 210 places et
l’Inde 175 025.
En Afrique de l’Ouest, les contingents sont plus
modestes mais restent importants au regard de la population et des moyens
mobilisés.
La Guinée a obtenu 10 000
places, selon une annonce du Secrétariat général des affaires religieuses
relayée par la RTG. Le Mali dispose de 13 323 places.
La Côte d’Ivoire a annoncé un contingent de 10 000
pèlerins. Le Sénégal bénéficie, de son côté, d’un quota de 12
860 places.
Ces nombres correspondent aux places attribuées.
Ils ne représentent pas toujours le nombre exact de voyageurs ayant finalement
embarqué, certains candidats pouvant renoncer ou ne pas achever les procédures
administratives.
Pour les fidèles installés en France,
aux États-Unis et dans plusieurs autres pays occidentaux,
l’organisation est différente. Les inscriptions, le choix des forfaits et les
paiements passent par Nusuk Hajj, la plateforme officielle
saoudienne. Celle-ci confirme que la France et les États-Unis figurent parmi
les pays couverts pour l’édition 2026.
Silabosoona Média n’a pas identifié de publication
officielle indiquant le nombre final de pèlerins partis de France ou des
États-Unis. En l’absence de données vérifiables, ces chiffres ne peuvent pas
être avancés avec certitude.

Combien coûte le Hajj en Afrique de l’Ouest ?
Le coût du pèlerinage varie selon le pays, les
billets d’avion, l’hébergement et les services proposés sur place.
En Guinée, le prix officiel du Hajj
2026 a été fixé à 58 325 000 francs guinéens par pèlerin,
selon la RTG. Ce tarif a été annoncé par le ministre secrétaire général aux
Affaires religieuses, Elhadj Karamo Diawara.
Au Sénégal, le prix du package proposé
par la Délégation générale au pèlerinage est fixé à 4 300 000 francs
CFA. L’organisme permet un paiement en deux tranches.
En Côte d’Ivoire, le coût du contingent
étatique a été maintenu à 3 250 000 francs CFA, selon les
informations communiquées lors du lancement de la campagne 2026. Les offres
proposées par des opérateurs privés peuvent être plus élevées.
Au Mali, la presse locale a annoncé un
tarif de 4 166 425 francs CFA pour la filière gouvernementale.
Les formules privées sont généralement plus coûteuses.
Comparer ces montants exige de la prudence : les
prestations incluses ne sont pas toujours identiques. Certains packages
couvrent davantage de services, notamment le transport, l’hébergement, les
repas ou l’encadrement sur les lieux saints.
Un moteur économique difficile à mesurer
précisément
Le Hajj transforme chaque année La Mecque et les
villes voisines en un centre d’activité majeur. Hôtels, transports,
restaurants, commerces, télécommunications et services de santé sont fortement
sollicités.
En 2025, plus de 420 000 travailleurs issus
des secteurs public et privé avaient été mobilisés pour accompagner les
pèlerins, selon GASTAT. Plus de 34 000 volontaires avaient
également participé à l’organisation.
Mais combien l’Arabie saoudite gagne-t-elle
précisément grâce au Hajj ?
Il n’existe pas de chiffre officiel isolant les
bénéfices du Hajj de ceux de l’Omra et des autres activités touristiques. Les
autorités saoudiennes publient surtout des données globales.
Selon le ministère saoudien du Tourisme, les visiteurs
nationaux et internationaux ont dépensé environ 284 milliards de riyals
saoudiens dans le pays en 2024, soit près de 76 milliards de
dollars. Ce montant couvre l’ensemble du tourisme et ne peut donc pas être
attribué uniquement au pèlerinage à La Mecque.
Les dépenses des pèlerins sont aussi réparties
entre de nombreux acteurs : compagnies aériennes, hôtels, agences de voyage,
restaurateurs, commerçants et prestataires locaux.
Pour La Mecque, l’impact reste considérable. Mais
faute de comptes publics détaillés, toute estimation présentant un bénéfice net
précis du Hajj doit être considérée avec prudence.
Combien le Hajj rapporte-t-il à l’Arabie saoudite ?
Le poids économique exact du Hajj reste difficile à établir.
L’Arabie saoudite ne publie pas de bilan séparant clairement les recettes
générées par le seul pèlerinage annuel, les dépenses engagées pour son
organisation et le bénéfice net réalisé par l’État.
La dernière estimation largement citée remonte à 2019, avant la
pandémie de Covid-19. Selon l’agence Reuters, qui s’appuie sur des données
officielles saoudiennes, le Hajj et l’Omra rapportaient ensemble environ 12 milliards de dollars par an, soit
près de 45 milliards de riyals saoudiens.
Cette somme ne constitue pas uniquement un revenu direct pour le
gouvernement. Elle correspond à l’activité économique générée par les pèlerins
dans le Royaume : hôtels, transports, restauration, commerces, frais et
prestations diverses.
Il n’existe pas, à ce jour, de chiffre officiel public
permettant d’affirmer précisément combien le Hajj seul rapporte chaque année à
l’État saoudien, ni combien le Royaume dépense pour l’organiser.
Un pèlerinage mondial, des réalités nationales
Le Hajj reste l’un des plus grands rassemblements
religieux au monde. Mais derrière l’image de millions de fidèles réunis autour
de la Kaaba se trouvent des réalités très différentes.
Pour certains pèlerins, le voyage est organisé
directement par l’État. Pour d’autres, il dépend d’agences privées ou d’une
plateforme numérique. Et pour de nombreuses familles d’Afrique de l’Ouest,
accomplir ce pilier de l’islam représente un effort financier préparé pendant
plusieurs années.


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