Un appel lancé depuis les États-Unis, dans un contexte de tensions historiques entre Téhéran et Washington, qui ravive le débat sur l’instrumentalisation des manifestations iraniennes à des fins géopolitiques.

Le mouvement de contestation qui secoue actuellement la Iran prend une dimension internationale de plus en plus marquée. Vendredi 9 janvier, Reza Pahlavi, figure de l’opposition iranienne en exil et fils de l’ancien chah, a lancé un appel « urgent et immédiat » au président américain Donald Trump, lui demandant d’intervenir face à la situation intérieure iranienne.

Installé près de Washington, Reza Pahlavi ne s’est pas contenté d’un soutien politique symbolique. Dans ses messages diffusés sur les réseaux sociaux, il a explicitement appelé les Iraniens à descendre dans la rue et à faire pression sur les forces de sécurité par la mobilisation de masse. Une prise de parole qui, pour de nombreux observateurs, s’inscrit dans une logique d’ingérence étrangère, à un moment où les relations entre Téhéran et les États-Unis restent marquées par des décennies de tensions, de sanctions et d’affrontements diplomatiques.

L’opposant en exil justifie son appel par la coupure d’Internet et la répression des manifestations. Mais le ton employé et le destinataire choisi interrogent. « Veuillez vous tenir prêt à intervenir pour aider le peuple iranien », écrit-il, s’adressant directement au président américain, alors même que celui-ci a menacé, la veille, de « frapper très fort » l’Iran si des manifestants venaient à être tués.

Sur le terrain, cette convergence de discours nourrit la méfiance d’une partie de l’opinion iranienne. Plusieurs voix accusent des puissances étrangères, au premier rang desquelles les États-Unis, de chercher à instrumentaliser des frustrations sociales réelles pour provoquer une déstabilisation politique favorable à leurs intérêts stratégiques. Les souvenirs d’ingérences passées, notamment lors du renversement du Premier ministre Mohammad Mossadegh en 1953, restent profondément ancrés dans la mémoire collective.

Si les revendications des manifestants traduisent un malaise interne indéniable, l’implication ouverte de figures de l’opposition soutenues depuis l’étranger complexifie la lecture du mouvement. Entre colère populaire et jeux d’influence géopolitiques, la crise iranienne apparaît désormais comme un nouveau terrain d’affrontement indirect entre Téhéran et Washington.

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