À Senkéfara 3, dans la commune urbaine de Kankan, une unité artisanale de fabrication de savon provoque le mécontentement de plusieurs riverains. Les odeurs apparaissent lorsque l’huile utilisée dans la préparation du savon est chauffée dans une grande cuve métallique placée au-dessus d’un feu de bois.

Pendant cette opération, la fumée et les odeurs se répandent dans les concessions voisines. Par souci de préserver les relations de voisinage, beaucoup préfèrent toutefois ne pas s’exprimer publiquement.
Un riverain ayant accepté de témoigner sous couvert d’anonymat affirme que le problème a déjà été signalé au propriétaire.
« L’odeur du savon nous cause du tort, mais, par souci de bon voisinage, nous avons signalé le problème au savonnier. Il avait promis de trouver une solution, mais jusqu’à présent, rien n’a été fait », affirme-t-il.

Selon lui, ces odeurs provoqueraient des malaises chez certaines personnes, notamment des rhumes. Le même habitant évoque aussi un ancien problème d’écoulement des eaux de l’atelier, qui aurait affecté plusieurs puits voisins l’année dernière. Il précise néanmoins que leur eau ne présente actuellement aucun problème apparent.
« La zone est très peuplée. Si cette activité pouvait être déplacée, ce serait une bonne chose pour tout le monde », plaide-t-il.

Le chef de quartier, Abdourahamane Keita, reconnaît lui aussi les désagréments. Sa concession étant directement voisine de l’atelier, il affirme être parmi les premiers touchés.
« Cet atelier de saponification est directement collé à ma concession. Par conséquent, les nuisances qu’il cause à la population commencent d’abord chez moi », explique-t-il.
Après les plaintes, il dit avoir rencontré le fils du propriétaire, qui lui aurait annoncé qu’un terrain avait été trouvé à Sanfina pour y transférer l’activité.

« Il m’a assuré qu’ils avaient trouvé un autre terrain à Sanfina, où ils comptent déménager. Il m’a donc demandé de rester calme », rapporte Abdourahamane Keita.
De son côté, Moussa Kanté, propriétaire de l’atelier, reconnaît que son activité peut gêner le voisinage.
« Je suis conscient que mon activité peut causer des désagréments à la population. La fumée de l’huile dérangeait mes voisins. C’est pour cette raison que j’ai décidé de m’installer à l’écart, à Sanfina, afin de ne nuire à personne », déclare-t-il.
Le propriétaire appelle les habitants au calme et assure ne pas être opposé au déménagement. L’artisan souligne qu’il était installé dans cette zone avant sa forte urbanisation. Mais il reconnaît qu’avec l’augmentation progressive du nombre d’habitants, certaines activités artisanales deviennent difficiles à maintenir au milieu des concessions.
« Je sais que, là où je m’installe aujourd’hui, les habitations finiront peut-être par me rattraper. Même à Sanfina, si la zone devient trop peuplée, je me déplacerai encore », promet-il.

Accompagné de Moussa Kanté, notre reporter s’est rendu sur le nouveau site de Sanfina. Sur place, il a constaté l’aménagement d’une grande cour, la construction d’un vaste bâtiment ainsi que de plusieurs fosses destinées à l’activité. Le savonnier prévoit d’y transférer prochainement le traitement de l’huile, mais la production n’y a pas encore commencé.

Concernant l’écoulement des eaux de l’atelier, Moussa Kanté affirme que le problème remonte à plus de cinq ans, après le nivellement de la route. Alerté sur les risques pour les puits voisins, il dit avoir creusé une fosse de quatre mètres de long, trois mètres de large et 3,50 mètres de profondeur.
« Une machine vient régulièrement vider la fosse. Mais pendant les fortes pluies, il arrive que l’eau déborde, indépendamment de ma volonté », explique-t-il.
À Sinkéfara 3, les habitants demandent le déplacement de la savonnerie. Le chef de quartier appelle à la patience, tandis que le propriétaire promet de transférer prochainement son activité à Sanfina. La population attend désormais la concrétisation de cet engagement.


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