Des denrées avariées issues de l’incendie de Soni Pêche à Kankan ont été récupérées par des femmes pour être revendues sur les marchés, malgré les interdictions des autorités sanitaires et les tentatives de destruction des produits. Face à une situation jugée hors de contrôle, les forces de l’ordre ont dû intervenir, utiliser des gaz lacrymogènes et procéder à des arrestations, tandis que les autorités lancent un avertissement ferme sur les risques pour la santé publique.
Un incendie survenu dans la nuit du jeudi au vendredi vers 3 heures du matin a ravagé l’établissement Soni Pêche à Kankan, spécialisé dans la vente de poisson et de poulet. Aucun décès n’a été enregistré, mais les conséquences sanitaires sont devenues rapidement préoccupantes.
Selon l’inspectrice régionale de la pêche et de l’économie maritime, Mme Fatoumata Diané, les autorités ont été immédiatement mobilisées après le sinistre.
« Depuis 3 heures du matin jusqu’à 11 heures ce vendredi, mon agent, l’inspecteur Bakary Diaby, était sur place pour évaluer et circonscrire les dégâts », a-t-elle expliqué.
Après l’incendie, les autorités ont décidé de retirer tous les produits jugés impropres à la consommation afin de les détruire. Des camions ont été mobilisés et un dispositif de sécurité mis en place.
« Nous avons procédé au retrait des produits prohibés, devenus impropres à la consommation », a précisé Mme Diané.
Mais sur le terrain, la situation a rapidement dégénéré. Des groupes de femmes se sont rendus sur place pour récupérer les denrées issues des flammes, malgré leur dangerosité.
« Avant même d’arriver, elles avaient déjà envahi les lieux avec leurs motards », a déclaré l’inspectrice.
Même lors du transport vers le site d’incinération, les tentatives de récupération ont continué.
« Pendant l’incinération, malgré le gasoil et l’huile versés pour brûler les produits, elles se sont jetées dessus, en pleine flamme, pour les récupérer et aller les revendre », a-t-elle ajouté.
Face à cette résistance, les forces de l’ordre ont dû intervenir.
« Les policiers et militaires ont été obligés d’utiliser du gaz lacrymogène pour tenter de les disperser. Mais elles ont résisté et n’ont pas quitté les lieux », a-t-elle affirmé.
Après notre rencontre avec l’inspectrice aux environs de 19h, les produits prohibés ont été transportés vers Kounankoron pour incinération.
Mais même sur ce nouveau site, la situation a persisté. Des femmes, toujours accompagnées de motards, se sont rendues sur place dans le but de récupérer les denrées.
Selon les témoignages recueillis par notre reporter sur place, un pick-up des forces de l’ordre est intervenu et a procédé à l’arrestation de certaines femmes.
Notre reporter, qui s’est rendu ensuite au commissariat pour obtenir plus d’informations, indique que les autorités policières ont refusé toute déclaration.
Face à cette situation jugée préoccupante, les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme et appellent la population à la responsabilité.
« Nous sommes là pour protéger la santé publique. De Kankan à Conakry, tout le monde est mobilisé pour éviter que ces produits ne se retrouvent sur les marchés », a insisté Mme Fatoumata Diané.
Elle avertit également que toute personne prise en possession de ces produits s’expose à des poursuites.
« Toute personne interpellée en possession de ces produits fera face à la rigueur de la loi », a-t-elle prévenu.
Derrière cet épisode, se dessine une réalité sociale marquée par la précarité, où certains citoyens prennent des risques sanitaires graves pour des raisons économiques, au détriment de la santé publique.


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