Un responsable administratif local a été incarcéré après l’ouverture d’une procédure judiciaire pour des faits présumés liés à des pratiques foncières frauduleuses. L’affaire, suivie de près à Kankan, ravive les inquiétudes autour de la gestion du foncier et de la responsabilité des agents publics.
À Kankan, l’annonce a rapidement circulé dans les quartiers. Le directeur préfectoral de l’Habitat, Abdoulaye Diakité, a été placé sous mandat de dépôt avant d’être transféré à la maison centrale. L’information, confirmée par des sources judiciaires, a suscité de nombreuses réactions dans la cité de Nabaya, où les questions foncières restent particulièrement sensibles.
Selon le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kankan, Fodé Bintou Keita, une procédure judiciaire est officiellement ouverte contre cet agent public. Sans entrer dans les détails du dossier à ce stade, le magistrat évoque des faits présumés de stellionat — une infraction liée à la vente frauduleuse de biens immobiliers —, de complicité de stellionat, ainsi que de faux et usage de faux.
« Je ne ferai pas de longs commentaires, mais il est important de préciser qu’une procédure judiciaire est ouverte. Des instructions claires ont été données aux officiers de police judiciaire, notamment à la brigade de recherche, pour mener des investigations sur ces faits imputés à un agent public », a déclaré le procureur lors d’un entretien accordé à notre correspondant à Kankan.
Dans le cadre de l’enquête, plusieurs personnes soupçonnées d’avoir un lien avec les faits reprochés ont été convoquées et entendues par les officiers de police judiciaire. À l’issue de cette phase d’investigations, le directeur préfectoral de l’Habitat a été présenté au parquet.
« Le directeur préfectoral a été déféré hier jeudi devant notre parquet. Après analyse du dossier, et tout en rappelant qu’il bénéficie de la présomption d’innocence et du principe du contradictoire, nous avons décidé, conformément au Code de procédure pénale, de le placer en détention », a précisé le procureur.
Les qualifications pénales retenues à ce stade portent sur le stellionat, la complicité de stellionat, ainsi que le faux et l’usage de faux. « Au regard des soupçons sérieux, il a été jugé nécessaire de le placer sous mandat de dépôt, en toute légalité », a ajouté le chef du parquet.
Toujours selon le procureur de la République, l’affaire devrait être examinée dès la semaine prochaine par la juridiction compétente, le dossier s’inscrivant dans le cadre d’un flagrant délit.
Par silabosoona.com


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