Une vaste opération de fouille inopinée a été conduite ce jeudi 5 février 2026 à la maison centrale de Kankan par le procureur général près la Cour d’appel, Marwane Baldé, accompagné d’une unité mixte de la police nationale et de la gendarmerie nationale. L’intervention s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la criminalité, la protection des citoyens et la préservation de la tranquillité publique.
Selon le procureur général, cette descente surprise, suivie de perquisitions, répond à des indices concordants établissant que des détenus utilisaient des téléphones Android depuis l’intérieur de la prison pour mener des arnaques et escroqueries contre des citoyens. « Les expertises techniques et la géolocalisation ont permis d’identifier l’origine de ces communications frauduleuses. À Kankan, les signaux renvoyaient clairement à la maison centrale », a-t-il expliqué.
Les fouilles ont abouti à la saisie de plusieurs téléphones, d’objets tranchants et de stupéfiants, dissimulés notamment dans des sacs de riz et de sel, des congélateurs et sous des matelas. Pour le procureur, ces constats révèlent des complicités et des infractions pénales commises en milieu carcéral, une situation jugée « très grave et regrettable » qui exige une réponse ferme de l’autorité judiciaire.
Les opérations de fouille ont permis la saisie d’une importante quantité d’objets prohibés, notamment une vingtaine de téléphones portables, dont quatre smartphones Android, utilisés pour des activités frauduleuses à l’extérieur de l’établissement. Les forces de sécurité ont également découvert des ciseaux, un marteau, des lames tranchantes, des clés à molette, ainsi que de la drogue et d’autres substances illicites, dissimulées dans différents endroits de la prison. Cette diversité d’objets saisis met en évidence l’ampleur des pratiques illégales au sein de la maison centrale et la nécessité d’un contrôle rigoureux et permanent du milieu carcéral.
L’opération, menée en dehors de l’administration pénitentiaire afin d’en garantir l’efficacité, s’est déroulée sans incident. Les téléphones saisis seront placés sous scellés, exploités à des fins techniques pour remonter les filières, puis détruits. « Il serait inutile d’engager l’action publique si le lieu censé neutraliser la délinquance devenait un espace de commission d’infractions », a averti le procureur général.
La mission a également permis d’inspecter l’infirmerie. À ce niveau, les autorités judiciaires ont relevé l’absence de maladies graves et une disponibilité satisfaisante des médicaments, saluant une prise en charge sanitaire assumée par l’État. En revanche, la présence d’activités commerciales à l’intérieur de l’enceinte pénitentiaire a été dénoncée comme juridiquement incompatible avec la vocation de l’administration pénitentiaire.
Au-delà du volet répressif, la visite a mis en lumière des besoins matériels essentiels pour améliorer le quotidien des détenus — notamment en produits d’hygiène et équipements de base — afin de garantir des conditions de détention dignes et conformes aux standards humanitaires. Les autorités judiciaires ont indiqué avoir pris acte de ces préoccupations et appelé à une attention accrue de l’ensemble des parquets du pays sur la gestion des maisons centrales.
Cette opération marque une volonté affirmée de reprendre le contrôle de l’espace carcéral, de protéger les citoyens contre les crimes commis depuis la détention et de renforcer la gouvernance pénitentiaire dans le ressort de la Cour d’appel de Kankan.
Lonkassia CAMARA


Aucun commentaire pour le moment.