Après plusieurs années marquées par un net ralentissement de ses activités, la Société cotonnière de Kankan (SCK) amorce une nouvelle étape destinée à redynamiser la filière coton en Haute-Guinée. Les responsables de l’entreprise affirment leur détermination à redonner un nouvel élan à cette activité agricole, tout en tenant compte des préoccupations sociales exprimées par les travailleurs et les producteurs.
Dans ce cadre, une journée portes ouvertes a été organisée à l’attention des journalistes. À cette occasion, les dirigeants de la société ont présenté différentes infrastructures et équipements disponibles, notamment des stocks d’engrais, des motoculteurs destinés aux producteurs ainsi qu’une unité industrielle déclarée prête pour la reprise des opérations.

Chargé de la production agricole au sein de l’entreprise, Moussa Keïta indique que les préparatifs de la prochaine campagne agricole sont déjà bien avancés.
D’après lui, l’une des principales priorités consiste à renforcer les échanges avec les producteurs dans les zones rurales et à relancer les activités d’encadrement et de vulgarisation agricole.
« Nous sommes presque au lancement de la nouvelle campagne agricole. Il est important d’aller vers les producteurs, de discuter avec eux et de les informer de la situation actuelle de la société cotonnière. Notre message est clair : nous sommes prêts à relancer la culture du coton », a-t-il expliqué.
Il reconnaît cependant que les campagnes précédentes ont été marquées par plusieurs difficultés pour les agriculteurs, notamment le manque d’intrants agricoles, l’insuffisance de produits phytosanitaires ainsi que des retards dans le paiement des revenus.
« Certaines années ont été très difficiles pour les producteurs. Mais aujourd’hui, toutes les dispositions sont prises pour bien lancer la campagne et rétablir la confiance », a-t-il assuré.

Dans le cadre de cette relance, 50 motoculteurs ont été acquis afin d’appuyer les producteurs et de faciliter les travaux champêtres, avec pour objectif d’augmenter les superficies cultivées.
Selon Moussa Keïta, ces équipements devraient contribuer à améliorer de manière significative la productivité agricole.
« Grâce à ces motoculteurs, un agriculteur peut exploiter trois, quatre voire cinq hectares, ce qui permet de gagner beaucoup de temps par rapport à la traction animale, surtout au moment des semis », a-t-il précisé.
Ces machines seront mises à la disposition des producteurs contre une contribution jugée symbolique.
Le directeur général de la SCK, Doumbouya Moussa, estime que la réussite de cette relance dépend en grande partie de la confiance des producteurs.
« Nous travaillons pour que cette reprise profite réellement aux producteurs. Cette dynamique bénéficie également du soutien des autorités guinéennes, notamment du président de la République et du ministère de l’Agriculture », a-t-il déclaré.

Pour sa part, Mamady Kaba, président de la Fédération des cotonculteurs de Guinée, se montre optimiste quant à la reprise de la production.
« Les producteurs de coton sont toujours prêts à travailler. Dès que les intrants seront disponibles, les paysans reprendront leurs outils pour retourner dans les champs », a-t-il affirmé.
Il rappelle néanmoins que l’arrêt de l’usine avait conduit plusieurs producteurs à abandonner cette culture pour se tourner vers l’orpaillage dans certaines localités.
Parmi les mesures prises par la direction figure également le règlement des dettes accumulées auprès des producteurs.
Selon le directeur général, certains cultivateurs attendaient leurs paiements depuis plusieurs années.

« Lorsque nous sommes arrivés, certains producteurs attendaient leurs revenus depuis près de trois ans. Aujourd’hui, toutes les dettes ont été entièrement réglées », a assuré Doumbouya Moussa.
Les quantités de coton encore détenues par certains producteurs seront également récupérées et payées avant la fin du mois.
Au niveau industriel, les responsables de la SCK affirment que l’usine de transformation est désormais prête à reprendre ses activités.
Le chef de l’unité industrielle, Kaba Kamara, explique que les installations ont été vérifiées et remises en état.
« L’usine est aujourd’hui capable d’assurer l’égrenage du coton. Les équipements ont été contrôlés et testés un à un. Notre capacité de transformation est estimée à environ 40 000 tonnes par an », a-t-il indiqué.
Par le passé, l’usine fonctionnait avec quatre équipes composées chacune de 85 travailleurs, assurant une production continue jour et nuit. Aujourd’hui, en raison de la baisse de la production, une seule équipe est opérationnelle, même si le personnel qualifié reste disponible.

Malgré les difficultés rencontrées ces dernières années, les responsables de la Société cotonnière de Kankan lancent un appel aux producteurs afin qu’ils renouent avec la culture du coton.
« Nous savons que les producteurs ont connu des déceptions par le passé. Mais aujourd’hui, les actions entreprises démontrent notre volonté réelle de relancer la filière. Ils peuvent à nouveau nous accorder leur confiance », a affirmé le directeur général.
Des travaux de réhabilitation sont également prévus pour rendre l’usine totalement fonctionnelle et accompagner progressivement la reprise de la filière coton dans la région.


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