À Kankan, les artisans du bois font face à une baisse d’activité et à des difficultés d’exportation. Entre manque de soutien et désintérêt des jeunes, ils craignent la disparition progressive de leur métier.

À Kankan, l’artisanat du bois, autrefois prospère, traverse aujourd’hui une période difficile. Entre baisse des ventes, difficultés d’accès aux marchés internationaux et manque de valorisation locale, les artisans peinent à maintenir leur activité.

Bandjan Sidimé, artisan sculpteur au quartier Salamani, évoque un métier profondément enraciné dans l’histoire familiale.
« Je me suis trouvé dans ce métier car c’est l’héritage de mes ancêtres. Cela fait environ 50 ans que je le pratique », explique-t-il.

Selon lui, cette activité a longtemps permis d’assurer la stabilité des familles.
« Nos ancêtres ont élevé leurs enfants grâce à ce travail, et nous aussi, nous avons pu fonder nos familles grâce à lui », ajoute-t-il.

Mais cette réalité a changé, comme le souligne Aboulaye Sakho, artisan exerçant depuis plusieurs décennies.
« Le métier a perdu de sa rentabilité. Les choses ne sont plus comme avant », déplore-t-il.

Les artisans dénoncent également la baisse de la demande locale.
« Ce sont surtout les étrangers qui achètent nos œuvres. Nos propres concitoyens ne valorisent pas vraiment ce que nous faisons », poursuit-il.


Bandjan Sidimé insiste sur les opportunités manquées à l’international.
« Nous avons été formés pour participer à des foires à l’étranger, mais cela n’a pas été concrétisé », affirme-t-il.

Au-delà des difficultés économiques, les artisans s’inquiètent pour l’avenir du métier.
« La nouvelle génération ne s’y intéresse plus. Il n’y a plus d’apprentis », alerte Aboulaye Sakho.

Face à cette situation, ils lancent un appel aux autorités.
« Nous avons besoin de soutien pour développer ce secteur », plaide-t-il.

Entre héritage ancestral et défis économiques, l’artisanat du bois à Kankan semble aujourd’hui à la croisée des chemins, menacé de disparition mais porteur d’un potentiel encore inexploité.