Réunis au siège du parquet général, magistrats, forces de sécurité et autorités locales ont échangé sur les pratiques d’enquête, la responsabilité des OPJ et les garanties fondamentales dues aux justiciables, dans l’intérêt d’une justice plus crédible et efficace.

Un grand groupe de policiers assis dans une salle, avec des uniformes variés, en pleine discussion ou réunion.

Le parquet général près la Cour d’appel de Kankan a tenu, ce jeudi, une rencontre avec les officiers de police judiciaire (OPJ) de son ressort. L’objectif affiché était de renforcer la collaboration entre les acteurs de la chaîne judiciaire et de rappeler les obligations légales des OPJ dans l’exercice de leurs missions.

La rencontre s’est déroulée dans la salle d’audience du parquet général et a rassemblé des autorités administratives, judiciaires et militaires, ainsi que des OPJ venus des régions de Kankan, Faranah et N’Zérékoré. Les échanges ont porté sur les orientations pénales du parquet, notamment l’exercice de l’action publique, le traitement des plaintes et dénonciations, et les procédures de transfert.

À l’issue de plusieurs heures d’échanges, le procureur général près la Cour d’appel de Kankan, Marwane Baldé, est revenu sur l’objectif principal de la rencontre : « Le parquet général tient à rappeler les obligations légales des officiers de police judiciaire, avant de préciser clairement nos attentes dans l’accomplissement de leurs missions au service de la justice. Il est impératif qu’un accent particulier soit mis sur le strict respect des droits de l’homme dans la conduite des enquêtes judiciaires. »

Le magistrat a insisté sur la garantie du droit à la défense, la notification des droits, ainsi que la protection de la santé des personnes mises en cause. Il a exigé la transmission sans délai des comptes rendus d’enquête aux directeurs d’enquête et aux procureurs de la République. « J’en appelle à la plus grande rigueur et à la civilité dans le traitement des dossiers judiciaires en phase d’enquête », a-t-il ajouté.

Conférence de presse avec un homme en costume parlant dans un micro, entouré de collègues et d'un poster sur la justice.

Marwane Baldé a également mis en garde contre toute ingérence de la hiérarchie administrative susceptible d’entraver la mission du service public de la justice : « Lorsqu’il y a un blocus du service public de la justice, c’est un frein au développement de la Guinée. » Il a rappelé les textes encadrant l’action des OPJ, notamment la loi organique définissant leurs attributions et leurs rapports avec les procureurs de la République, et l’article 640 du Code pénal relatif à la défaillance du requis. « Le parquet général condamne avec la plus grande fermeté toute ingérence des commandants ou directeurs régionaux de la police et de la gendarmerie dans les affaires relevant exclusivement de l’autorité judiciaire », a-t-il insisté, tout en se déclarant ouvert à l’écoute des OPJ comme des citoyens.

Un général en uniforme militaire s'adresse à un public composé de nombreux militaires dans une salle.

Prenant la parole au nom de la gendarmerie, Amadou Oury Diallo, alias AOB, s’est félicité de la tenue de cette rencontre : « Cette rencontre nous a davantage initiés et nous a permis de mieux comprendre la parcellisation de la scène pénale, depuis la phase policière jusqu’au jugement. » Il a plaidé pour une collaboration renforcée et inclusive entre magistrats et OPJ, dans le strict respect des documents de base de la police judiciaire, notamment le Code de procédure pénale guinéen.

Un homme en uniforme de police s'exprime lors d'une réunion, tenant un microphone. En arrière-plan, de nombreux agents de police écoutent attentivement.

De son côté, le commissaire central de police de Kankan, Ibrahim Hamidi Touré, s’exprimant au nom des OPJ du ressort de la Cour d’appel, a exprimé leur gratitude envers le procureur général pour l’initiative de cette rencontre : « Nous pensions au départ qu’il s’agissait d’une rencontre de mise en garde, mais nous avons finalement compris qu’il s’agissait d’une véritable prise de contact. » Tout en réaffirmant leur engagement à respecter les recommandations formulées, il a soulevé une préoccupation : « Des individus auteurs d’infractions graves sont déférés, mais nous ignorons le sort qui leur est réservé. Cette situation met les officiers de police judiciaire dans une insécurité permanente. »

Un groupe de policiers assis dans une salle, écoutant attentivement une présentation ou une réunion.

La rencontre, présidée par le premier président de la Cour d’appel de Kankan, qui a assuré l’ouverture et la clôture de la cérémonie, s’est déroulée dans un climat d’entente et de respect mutuel. Les participants ont exprimé leur souhait de voir cette collaboration se renforcer durablement, dans l’intérêt d’une justice efficace, du respect des droits de l’homme et de la sécurité des citoyens.

Par Karifa Doumbouya pour silabosoona.com