Le Département Sciences du langage de l’Université Julius Nyerere de Kankan (UJNK) a annoncé l’ouverture officielle d’un laboratoire d’enseignement et de recherche consacré à l’écriture N’ko. L’information a été rendue publique le 9 mai 2026 par le professeur Mamadou Dindé Diallo, vice-recteur chargé des études et vice-recteur intérimaire chargé de la recherche de l’université, à travers une publication sur les réseaux sociaux.

Cette nouvelle structure universitaire proposera une formation certifiante de 30 crédits et s’inscrit dans la dynamique nationale de valorisation des langues nationales engagée par les autorités guinéennes.

L’initiative intervient quelques semaines après le décret du 17 avril 2026 reconnaissant le N’ko, l’Adlam et le Koresebeli comme systèmes d’écriture à promouvoir par l’État guinéen. Elle s’appuie également sur les dispositions de la Constitution du 21 septembre 2025 qui consacre les langues nationales et le français comme langues officielles de la République de Guinée.

L’article 5 de la Constitution précise notamment que :

« Les langues nationales et le français sont les langues officielles de la République de Guinée. Le français est la langue de travail. L’État assure la promotion de l’enseignement des langues nationales. Il garantit la traduction des lois et actes officiels de la République dans les langues nationales. »

Selon les responsables universitaires, ce projet académique est le résultat d’un processus engagé depuis 2012 avec les premières expérimentations de l’enseignement du N’ko au sein de l’UJNK.

L’écriture créée en 1949 par Solomana Kanté avait alors été introduite dans plusieurs départements de la Faculté des langues et lettres, notamment en Lettres, Sciences du langage, Anglais et Arabe.

« Le programme avait connu un début prometteur avant de ralentir progressivement au fil des années », explique Nafadji Sory Condé, ancien consultant externe de l’UJNK entre 2012 et 2014 pour la mise en place des premiers modules d’enseignement du N’ko.

Le nouveau contexte juridique instauré par la Constitution de 2025 et le décret d’avril 2026 a toutefois permis de relancer le projet. Réuni le 9 mai 2026, le conseil universitaire de l’UJNK a officiellement validé la création du laboratoire.

La nouvelle structure aura pour mission d’assurer un enseignement certifiant en N’ko tout en développant des travaux de recherche scientifique autour de cette écriture utilisée pour transcrire plusieurs langues mandingues parlées en Guinée et dans plusieurs pays ouest-africains.

L’université ambitionne également de former des spécialistes capables d’enseigner le N’ko, de traduire des documents administratifs et juridiques, ainsi que de produire des contenus pédagogiques, scientifiques et culturels dans les langues nationales.

À travers ce projet, l’UJNK entend se positionner comme un centre de référence dans la préservation et la valorisation du patrimoine linguistique africain, mais aussi dans la mise en œuvre d’une politique linguistique nationale adaptée aux réalités du pays.

Les modalités d’inscription et le calendrier officiel de la formation seront communiqués dans les prochains jours par le Département Sciences du langage de l’université, a précisé le Pr Mamadou Dindé Diallo. Les responsables universitaires indiquent que les places seront limitées.