Une jeune Nigériane a été libérée à Kédougou après plusieurs jours d’exploitation sexuelle. Vendue au Nigeria, endettée dès son arrivée au Sénégal, elle était retenue au profit d’un réseau de traite humaine actif autour des zones aurifères.
Une femme a été déférée, le 2 février 2026, devant le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Kédougou pour association de malfaiteurs, complicité de faux, proxénétisme et traite de personnes. Elle est soupçonnée d’avoir séquestré et exploité sexuellement une jeune Nigériane dans le village de Baytilaye, dans la région aurifère de Kédougou.
L’affaire est partie d’un renseignement opérationnel faisant état d’une jeune femme étrangère retenue contre sa volonté et contrainte à se prostituer. Une intervention de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées a permis de libérer la victime et d’interpeller sa logeuse.
Face aux enquêteurs, la mise en cause a reconnu avoir « acheté » la jeune Nigériane au Nigeria pour 500 000 FCFA, soit environ 8 700 000 francs guinéens (GNF) selon le taux de conversion en vigueur. Le voyage aurait été organisé par un réseau criminel, avec un itinéraire passant par le Bénin et le Mali, avant l’entrée clandestine au Sénégal.
La victime est arrivée à Kédougou le 26 janvier 2026. Dès son installation, une dette de servitude de 1 500 000 FCFA lui a été imposée, l’équivalent d’environ 26 100 000 GNF, présentée comme le remboursement des frais de transport. Sur le terrain, cela signifiait une chose simple : travailler tous les jours, sans garder un seul franc.
Selon les éléments de l’enquête, la jeune femme devait remettre l’intégralité de ses gains quotidiens à sa logeuse. En seulement quatre jours, elle avait déjà généré 25 000 FCFA, soit environ 435 000 GNF. Cet argent n’a pas servi à alléger sa dette, mais a été réinvesti par la suspecte dans l’achat de vêtements destinés à attirer davantage de clients et augmenter les revenus issus de la prostitution.
Les investigations ont révélé l’existence d’un réseau structuré de traite d’êtres humains reliant le Nigeria au Sénégal. Des relais basés à Cotonou et à Bamako seraient chargés de la fabrication de faux documents, de l’hébergement des victimes et de leur convoyage jusqu’à Kédougou, une zone où l’or attire travailleurs précaires, trafics et exploitations humaines.
Sur place, les enquêteurs décrivent un système bien rodé, profitant de la vulnérabilité des jeunes femmes étrangères et de l’anonymat des sites aurifères. La victime, désormais hors de danger, a été prise en charge par les services compétents, tandis que l’enquête se poursuit pour identifier les autres membres du réseau.
silabosoona.com


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