Au moins quatre personnes ont trouvé la mort et une trentaine d’autres ont été blessées lundi au Kenya, lors de violentes manifestations contre l’augmentation des prix des carburants, selon les autorités.

Le ministre de l’Intérieur, Kipchumba Murkomen, a indiqué que les circonstances précises de ces décès restaient à déterminer. « L’enquête établira (…) s’il s’agissait de civils innocents ou de criminels morts au cours de leur interpellation », a-t-il déclaré, dénonçant la présence « d’éléments criminels » impliqués dans des actes de vandalisme contre des biens publics et privés.

Les forces de l’ordre ont procédé à 348 arrestations, tandis que les axes routiers bloqués par les manifestants ont été progressivement dégagés, selon la même source.

Dans la matinée, des protestataires avaient érigé des barricades et incendié des pneus dans plusieurs quartiers périphériques de Nairobi. Ils ont également tenté d’empêcher la circulation des véhicules et des motos-taxis, communément appelées « boda boda ».

La capitale a été particulièrement affectée par la grève des matatu, ces minibus privés qui assurent l’essentiel du transport public. Des milliers de travailleurs ont été contraints de parcourir à pied plusieurs kilomètres pour rejoindre leur lieu de travail.

Cette mobilisation a été initiée par une coalition d’acteurs du secteur des transports, en réaction à une nouvelle hausse des prix du carburant décidée le 14 mai par le gouvernement. Selon les dernières données, le prix du diesel a bondi de 23,5 %, tandis que celui de l’essence a augmenté de 8 %.

Fortement dépendant des importations d’hydrocarbures en provenance du Golfe, le Kenya subit de plein fouet les perturbations liées au blocage du détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.

La Chambre nationale de commerce et d'industrie du Kenya a averti que cette hausse des coûts énergétiques pourrait se répercuter sur l’ensemble des biens et services, affectant notamment les secteurs des transports, de l’agriculture et de la construction.

Depuis le début des tensions au Moyen-Orient, les prix à la pompe ont fortement grimpé dans le pays, avec une augmentation de 20 % pour l’essence et de près de 46 % pour le diesel.

Le ministre du Trésor et de la Planification économique, John Mbadi, a jugé la grève « injustifiée », tout en reconnaissant la pression exercée par le contexte international. « C’est une guerre que nous n’avons pas provoquée », a-t-il déclaré à la télévision locale.

Ces tensions sociales pourraient s’intensifier dans les prochains jours si aucune solution n’est trouvée pour contenir la flambée des prix.