Le climat social se tend autour du projet minier de Simandou. Des travailleurs de Baowu Winning Consortium Simandou (BWCS) ont cessé le travail et manifesté dans la préfecture de Kérouané pour exiger l’application effective de la convention collective des mines et carrières, entrée en vigueur en 2025 en République de Guinée.
Dans un mémorandum adressé à la direction générale de BWCS, aux autorités préfectorales et à l’inspection du travail, les syndicats dénoncent un décalage entre les engagements officiels et la réalité sur le terrain. « Nous soumettons le présent mémorandum pour solliciter l’application intégrale de cette convention ainsi que l’amélioration substantielle des conditions de vie et de travail du personnel », peut-on lire dans le document.
Les revendications portent notamment sur « l’application immédiate de la nouvelle grille salariale », « le respect du salaire minimum conventionnel » ainsi que « le paiement régulier des primes, indemnités et avantages prévus ». Les travailleurs réclament également une amélioration de leurs conditions de vie, incluant logement, alimentation et transport.
Sur le terrain, la frustration est palpable. Un employé, ayant requis l’anonymat, décrit une situation devenue intenable : « La convention devait entrer en vigueur en avril 2026 ici à Kérouané, mais elle n’est pas respectée. Les employés sont fatigués. La majorité ne gagne même pas 3 500 000 GNF par mois. Depuis 2019, rien n’a changé. »
Selon lui, les travailleurs avaient déjà exprimé leurs préoccupations par le passé. « On nous avait demandé d’attendre la mise en application de la convention. Aujourd’hui, elle est là, mais certains salaires ont même été diminués », ajoute-t-il.
La grève, déclenchée la semaine dernière, pourrait se prolonger si aucune solution n’est trouvée. « Tant que la convention ne sera pas respectée, nous ne reprendrons pas le travail », avertit-il.
Le président de la délégation syndicale de BWCS Simandou appelle, quant à lui, à une intervention des autorités au plus haut niveau. « Depuis 2019, nous avons demandé aux travailleurs de patienter jusqu’à l’exploitation. Aujourd’hui, malgré le projet Simandou 2040, les employés vivent dans des conditions très difficiles », déplore-t-il.
Il lance un appel direct au chef de l’État : « Nous demandons l’aide du Président de la République, Son Excellence Mamadi Doumbouya, afin d’améliorer concrètement la situation des travailleurs. »
Les syndicats insistent également sur la nécessité d’un dialogue social durable, basé sur « le respect de la liberté syndicale » et « la mise en place d’un cadre de concertation permanent entre direction et travailleurs », comme indiqué dans le mémorandum.
À ce stade, la direction de BWCS n’a pas encore réagi officiellement à ces revendications.


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