Un acte d’une extrême gravité s’est produit vendredi 7 février 2026 à Koromadou, localité minière de la sous-préfecture de Kodiaran, à environ 80 km de Kankan. Un homme, de nationalité sierra-léonaise, s’est volontairement mutilé le sexe à l’aide d’un ciseau, dans un geste de désespoir, selon des témoignages recueillis sur place.

Alertées aux environs de 10 heures, les autorités locales ont saisi la gendarmerie avant l’évacuation de la victime vers l’hôpital régional de Kankan, après les premiers soins au centre de santé de Koromadou.

« Nous avons été informés qu’un de nos frères avait attenté à son intégrité physique. Il a utilisé un ciseau pour se trancher le sexe. Il est venu ici pour tenter sa chance dans les mines d’or, mais n’a jamais rien trouvé », a expliqué Sayon II Kourouma, président du district de Koromadou.

Selon lui, l’homme vivait une situation de précarité extrême et portait seul les espoirs de sa mère. L’absence de nouvelles de celle-ci et l’échec économique auraient précipité son passage à l’acte.

« Accablé par ce manque de succès et par le fait que sa mère ne répondait plus à ses appels, le désespoir a pris le dessus », a-t-il ajouté.

Le président du district précise aussi que la victime, vivant seule et sans femme ni enfant sur place, ne consommait pas d’alcool « à notre connaissance » et s’était convertie à l’islam le vendredi 30 janvier 2026, soit une semaine avant les faits, prenant le prénom de Mamadi.

« En tant que zone minière, nous accueillons beaucoup d’étrangers et nous essayons de nous organiser avec les représentants de chaque communauté (Burkinabés, Sierra-Léonais, etc.) », a indiqué Sayon II Kourouma, appelant à « la vigilance » et à éviter l’isolement.

Un autre habitant, Kaba Doumbouya, surnommé Soldat, affirme que la victime s’était enfermée pendant deux jours avant d’être découverte.

« Ses amis l’ont retrouvé ensanglanté ce matin. Il était conscient quand on l’a évacué vers Kankan, mais nous ignorons son état actuel », a-t-il confié.

Dans une localité qui compte plus de 7 000 habitants, ce drame remet en lumière la face invisible de l’orpaillage : la précarité, l’isolement et la détresse psychologique, souvent loin des regards.

Lonkassia CAMARA pour silabosoona.com