À Bamako, le Mali a rendu jeudi un hommage solennel à Sadio Camara, ministre de la Défense et proche du président de transition Assimi Goïta, tué le 25 avril dans un attentat à la voiture piégée visant son domicile à Kati, ville-garnison située près de la capitale.
La cérémonie s’est déroulée sous haute sécurité sur l’esplanade du bataillon du génie militaire, en présence de milliers de personnes, du chef de la transition malienne, de proches du défunt et de délégations étrangères. Les ministres de la Défense du Niger et du Burkina Faso étaient notamment présents.

La Guinée était également représentée par une haute délégation dépêchée par le président Mamadi Doumbouya, conduite notamment par le général Amara Camara, ministre secrétaire général à la présidence, et par le ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté.
Selon les autorités maliennes, Sadio Camara, âgé de 47 ans, a péri avec son épouse et deux de ses petites-filles dans l’explosion. Le gouvernement a décrété deux jours de deuil national après la confirmation officielle de son décès.
L’attentat s’inscrit dans une série d’attaques coordonnées menées contre plusieurs positions militaires à travers le pays, notamment dans la région de Kati. Ces opérations ont été revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ainsi que par le Front de libération de l’Azawad (FLA), mouvement séparatiste touareg.
Le bilan officiel fait état d’au moins 23 morts, civils et militaires confondus.
Lors des obsèques, le cercueil de Sadio Camara, recouvert du drapeau national, a été porté par ses camarades de promotion de l’école militaire. Il a été élevé à titre posthume au rang de général d’armée par le général Assimi Goïta.
Les condoléances de la Confédération AES ont été lues par le ministre burkinabè de la Guerre et de la Défense patriotique, le général de brigade Célestin Simporé. L’oraison funèbre a été prononcée par le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, avant un défilé militaire et la remise de la dépouille à la famille pour les rites religieux.
Né en 1979 à Kati, Sadio Camara était considéré comme l’un des piliers du pouvoir de transition au Mali. Marié et père de cinq enfants, il laisse l’image d’un officier influent au cœur de l’appareil sécuritaire malien, dans un pays confronté à une dégradation persistante de la situation sécuritaire.


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