Le 26 septembre, la Conférence internationale N’Ko a ouvert ses travaux à Abidjan. La première journée a été marquée par des interventions fortes, venues de Guinée, du Mali, du Libéria et de la diaspora, autour de la place du N’Ko dans la science, la culture et l’éducation.
Du côté guinéen, le Dr Kotèban Camara a livré un plaidoyer vigoureux en faveur de ce qu’il appelle la « médecine africaine ».
« C’est ridicule de dire médecine traditionnelle. Le vrai terme, c’est médecine africaine, car l’Afrique a sa science », a-t-il déclaré.
Il a rappelé les recherches de Solomana Kanté, inventeur de l’écriture N’Ko, qui aurait consigné les traitements de plus de 317 maladies :
« Jusqu’à présent, nous n’avons pas su améliorer cela », a regretté le Dr Camara, avant de rappeler que la médecine africaine était jadis organisée : « Ceux qui cherchaient les médicaments n’étaient pas les mêmes que ceux qui faisaient le traitement. »
Toujours pour la Guinée, Elhadj Mamady Soiré, directeur du laboratoire N’Ko de l’Université Julius Nyerere de Kankan, a cité Solomana Kanté :
« La lumière a pointé, ce qui est l’étude de la langue maternelle. Les autres alphabets qui existaient avant le N’Ko étaient l’obscurité. »
Il a insisté sur l’importance de se connaître soi-même comme base de toute culture et rappelé que l’homme, comme les animaux créés par Dieu, doit affronter quatre charges fondamentales : maladies, faim, manque d’habillement et passions. « La recherche de solutions à ces charges, dit-il, est la voie pour prendre en main le destin du monde. »
Depuis le Mali, Madame Fatoumata Koné a lancé un appel pour une révolution linguistique :
« Envoyer son enfant apprendre dans une autre langue, c’est montrer sa faiblesse. Le moment est venu que nos enfants étudient dans nos langues maternelles. »
Pour la diaspora américaine, Moussa Koné, président de NKO US INC, a encouragé les participants à redoubler d’efforts pour valoriser les langues africaines.
En Guinée encore, M. Mandjou Condé, président de l’antenne de l’ICRA N’Ko à Kankan, a insisté sur la dimension culturelle des prénoms africains :
« Le prénom indique la source de l’identité. Les noms locaux doivent être privilégiés face aux noms étrangers. »
Les griots mandingues étaient également présents, avec Mandén Djeliba (Guinée) et Mamoudou Kouyaté (Mali), qui ont rappelé le rôle historique et social des griots dans la transmission.
Enfin, pour le Libéria, Sadanfing Mamady Tandota Keïta a témoigné de la « force des règles de l’alphabet N’Ko » et de son engagement pour sa promotion.
Ainsi s’est achevée la première journée de la conférence, riche en discours et en symboles, posant les bases d’une réflexion collective sur le rôle du N’Ko dans la science, la culture et l’identité africaine.
silabosoona.com


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