Le 14 février, des millions de couples à travers le monde échangent messages, fleurs et cadeaux à l’occasion de la Saint-Valentin. À Kankan, la fête n’a pas dérogé à la règle. Cette année encore, la capitale de la Haute-Guinée a vibré au rythme des déclarations d’amour, dans une ambiance mêlant tradition universelle et couleur locale.

Derrière cette célébration devenue mondiale se cache pourtant une histoire ancienne. La Saint-Valentin trouve ses origines au IIIᵉ siècle de notre ère, sous l’Empire romain. Selon la tradition chrétienne, elle serait liée à un prêtre nommé Valentin, exécuté le 14 février aux alentours de l’an 270 pour avoir défié l’interdiction de mariage imposée par l’empereur Claude II le Gothique. Ce dernier estimait que les soldats célibataires étaient plus efficaces au combat. Valentin aurait alors célébré des unions en secret, devenant au fil du temps un symbole de fidélité et de courage.

Certains historiens rappellent également que cette période coïncidait avec les Lupercales, fêtes romaines de la fertilité organisées à la mi-février, progressivement remplacées par des célébrations chrétiennes avec la christianisation de l’Empire.

À Kankan, l’histoire ancienne s’est traduite par une ambiance bien actuelle. Dès la fin de l’après-midi, le marché Dibida affichait complet. Vers 18 heures, il était difficile de circuler entre les étals pris d’assaut par des jeunes venus acheter fleurs, parfums, vêtements, montres et autres articles destinés à leurs bien-aimés.

Les vendeurs de roses rouges et d’accessoires décoratifs ont réalisé de bonnes affaires. Dans les rues de la ville, des couples main dans la main, des motos chargées de paquets cadeaux et des restaurants décorés pour l’occasion témoignaient de l’enthousiasme ambiant.

« Même si la vie est chère, on fait un effort pour faire plaisir à celle qu’on aime », confie un jeune rencontré au centre-ville, bouquet en main.

Particularité cette année, la Saint-Valentin coïncide avec le dernier samedi avant le début du mois saint de Ramadan. Un samedi qui s’annonce long et animé, partagé entre la fête des amoureux et ce que beaucoup appellent déjà « le dernier chaud » avant l’entrée dans le mois de jeûne.

Pour certains, cette proximité donne à la journée une dimension particulière, entre festivités et préparation spirituelle.

 Entre éclats de rire, soirées animées et derniers moments de détente, la ville semble vouloir profiter pleinement de l’instant.

Si certains dénoncent une fête devenue trop commerciale, d’autres y voient simplement une occasion d’exprimer leurs sentiments.

À Kankan comme ailleurs, le 14 février continue ainsi de traverser les époques : d’un martyre romain à une célébration populaire, il rappelle que, malgré les contextes culturels et religieux, le désir d’aimer et d’être aimé reste universel.

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