Le conflit entre l’UEFA et les promoteurs de la Super League connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Après plusieurs décisions favorables, le Real Madrid et A22 Sports veulent faire payer l’instance européenne pour l’échec de leur projet de compétition privée.

En 2021, douze clubs européens parmi les plus puissants annoncent la création de la « Super League », une compétition fermée destinée à concurrencer la Ligue des champions. L’objectif : générer davantage de revenus sans passer par l’UEFA. Face à une vague de critiques de la part des supporters, des joueurs, de la FIFA et de l’UEFA, le projet est rapidement suspendu. Seul le Real Madrid, avec son président Florentino Pérez, continue de le soutenir publiquement.

En 2023, la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) déclare que l’UEFA a abusé de sa position dominante en menaçant les clubs impliqués dans la Super League. Le 23 octobre 2025, le tribunal de commerce de Madrid confirme cette position et ouvre la voie à des indemnités judiciaires.

Désormais, le Real Madrid prévoit de demander plus de 4 milliards d’euros de dommages et intérêts à l’UEFA. Le club espagnol affirme avoir perdu près de 4,6 milliards d’euros de revenus en 2021, année de l’annulation du projet. En parallèle, A22 Sports, la société promotrice de la Super League, envisage une plainte séparée pour réclamer près de 3 milliards d’euros.

« A22 s’engage à défendre les intérêts du football européen de clubs en misant sur l’innovation et la coopération. Mais puisque l’UEFA continue de refuser d’appliquer les décisions de justice, nous sommes contraints de demander réparation », a déclaré l’organisation.

Des discussions ont bien eu lieu entre l’UEFA et A22 Sports, mais elles n’ont débouché sur aucun compromis. Pour A22, l’UEFA a uniquement cherché à gagner du temps afin de bloquer le projet. L’instance européenne, pour sa part, affirme que la justice espagnole n’a pas validé le projet de Super League ni remis en cause son règlement.

Les conséquences financières d’une telle condamnation pourraient être considérables. L’UEFA prévoit 3,5 milliards d’euros de recettes nettes pour la saison 2025-2026, principalement issues de ses compétitions continentales. Une sanction à hauteur de plusieurs milliards fragiliserait son système de redistribution auprès des clubs.

La bataille juridique semble loin d’être terminée. Le Real Madrid et A22 veulent faire valoir leur droit à organiser une compétition concurrente, là où l’UEFA continue de protéger son monopole. Une nouvelle étape s’annonce dans cette guerre de gouvernance du football européen.

silabosoona.com