Lors d’une conférence régionale à Mombasa le 10 avril 2026, le chef de l’État kényan a mis en cause l’efficacité actuelle de l’Union africaine. Une sortie qui relance le débat sur la capacité de l’institution à répondre aux enjeux stratégiques du continent et à affirmer son autonomie.
Devant un parterre de décideurs politiques et économiques réunis à Mombasa pour le Mashariki Cooperation Conference, le président kényan William Ruto a tenu un discours sans détour. Selon lui, l’Union africaine, dans sa configuration actuelle, ne serait pas en mesure d’assurer le leadership dont l’Afrique aura besoin dans les années à venir.
« Je peux vous dire sans le moindre doute que l’Union africaine, telle qu’elle est aujourd’hui, n’est pas apte à fournir le leadership dont ce continent a besoin à l’avenir », a-t-il affirmé, appelant dans la foulée à une transformation profonde de l’institution.
Au cœur de ses critiques : la capacité de l’organisation à agir efficacement sur les grandes priorités africaines. Sécurité, développement économique, gouvernance… autant de domaines où, selon lui, des ajustements structurels s’imposent. Il évoque ainsi la nécessité d’une réforme soutenue, qui serait partagée par plusieurs dirigeants du continent.
La question du financement reste également centrale dans ce débat. Une part importante du budget de l’Union africaine repose encore sur des partenaires extérieurs, alimentant les interrogations sur son indépendance réelle. Pour y remédier, une taxe de 0,2 % sur certaines importations, adoptée en 2016, avait été proposée afin de renforcer les ressources internes de l’organisation.
Mais sur le terrain, les défis persistent. Entre ambitions politiques et contraintes financières, l’Union africaine peine encore à s’imposer comme un levier pleinement autonome au service des priorités africaines.
Les discussions devraient se poursuivre lors des prochains sommets des chefs d’État et de gouvernement. Plusieurs pays plaident déjà pour une refonte des mécanismes de gouvernance, dans l’espoir d’adapter l’institution aux réalités actuelles du continent.


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