I – États de lieu :
La croissance exponentielle des virus (Ebola, Covid-19, Mpox, VIH…) dans le monde est aujourd’hui influencée par une combinaison importante de facteurs biologiques, sociaux et environnementaux.
Une compréhension approfondie et précise de ces éléments cités est nécessaire pour l’élaboration de stratégies efficaces de prévention et de contrôle.
Après le coronavirus, l’humanité fait face à un autre virus : la variole du singe, ou Monkeypox, également appelée Mpox.
Il s’agit d’une maladie zoonotique émergente, autrefois limitée aux animaux, principalement les rongeurs en Afrique, et qui circule désormais chez l’homme.
Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) l’a déclarée urgence de santé publique de portée continentale depuis 2024.
La Mpox se présente comme une forme atténuée de la variole humaine, avec des symptômes moins graves et un taux de létalité plus faible.
II – Origine du virus :
Le virus Mpox a été isolé pour la première fois en 1958 au Danemark, au sein d’une colonie de singes présentant des lésions cutanées similaires à celles de la variole humaine.
C’est de là que vient le nom variole du singe. Toutefois, il est important de souligner que la transmission à l’humain ne se fait pas par les singes, mais par les rongeurs, comme nous le verrons dans la section dédiée à la transmission.
On distingue deux principaux clades (ou lignées génétiques) du virus Mpox :
- Clade 1 : prévalent dans le bassin du Congo, en Afrique centrale.
- Clade 2 : retrouvé principalement en Afrique de l’Ouest.
III – Symptomatologie et modes de transmission :
La transmission du virus Mpox peut se faire :
- par contact direct avec des animaux infectés,
- par contact avec des lésions cutanées ou des fluides biologiques humains,
- de façon indirecte, via des objets ou surfaces contaminés (literie, vêtements, etc.),
- potentiellement, par les gouttelettes respiratoires d’une personne infectée.
Les symptômes incluent la fièvre, les douleurs, les éruptions cutanées évoluant en macules, papules, puis vésicules, ainsi qu’un prurit parfois intense.
IV – Épidémiologie :
Selon Africa CDC, plusieurs décès ont été rapportés dans au moins 12 pays africains.
- En Sierra Leone : plus de 4 000 cas confirmés et 25 décès.
- En Guinée : 18 cas officiellement recensés dans plusieurs villes de l’intérieur (ANSS).
- En RDC : depuis 2024, 79 579 cas suspects de Mpox ont été signalés, avec 1 549 décès.
- En Côte d’Ivoire : nombre de cas en forte augmentation.
V – Traitement (formes simples, traitement symptomatique) :
- Fièvre : Paracétamol, 60 mg/kg/jour en 3 à 4 prises par voie orale pendant 2 jours (à prolonger si nécessaire).
- Douleurs légères : Paracétamol (même posologie).
- Douleurs modérées ou sévères : Tramadol, 2 mg/kg en 4 prises.
- Lésions cutanées : Nettoyage avec de l’eau et un savon antiseptique.
- Prurit : Loratadine, 10 mg/jour par voie orale.
VI – Prévention :
Les vaccins contre la variole classique offrent une protection d’environ 80 % contre le virus Mpox.
Autres mesures préventives :
- Surinfections : moustiquaire imprégnée nettoyée tous les 3 jours.
- Érythromycine (IV/IM) : 30–40 mg/kg/jour en 2 prises pendant 5 jours.
- Atteintes oculaires : Rétinol PO les jours 1 et 2.
- Déshydratation : Hydratation régulière du patient.
- Malnutrition : allaitement exclusif si possible, alimentation fractionnée toutes les 2-3 heures, enrichissement progressif.
VII – Recommandations :
- Renforcer les infrastructures sanitaires : équipements, hôpitaux, laboratoires.
- Former le personnel de santé et sensibiliser les communautés locales.
- Accès équitable aux vaccins : compétences, production locale, distribution.
- Surveillance épidémiologique : systèmes d’alerte, communication scientifique.
- Améliorer les conditions de vie rurales : eau potable, hygiène, logement.
- Prévention ciblée : programmes exécutés par professionnels + ONG médicales.
- Renforcer la gouvernance sanitaire : politiques publiques robustes et inclusives.
VIII – Conclusion :
La lutte contre la Mpox est un défi de santé publique majeur nécessitant une approche multidisciplinaire.
La Guinée, en raison de sa proximité géographique avec des pays touchés comme le Libéria et la Sierra Leone, doit maintenir une vigilance constante.
Il est impératif de renforcer les capacités nationales avec tous les partenaires sanitaires (ONG, associations, État, institutions internationales), pour une prévention efficace et une réponse adaptée à cette menace épidémiologique.
Dr. Karamo Kaba
Spécialiste en santé publique et prévention.
Auteur des livres :
- Au Prix de la Vocation (2025)
- Les Secrets du Couple (2021)
📧 tatakaba66@gmail.com


Aucun commentaire pour le moment.