Le tribunal de première instance de Mandiana
a rendu son verdict ce jeudi dans l'affaire du viol collectif de Djoma-Balandougou.
Moussa Condé, principal accusé, a été condamné à 15 ans de
réclusion criminelle, assortis d'une amende de 700 millions de francs guinéens.
Ouvert dans la matinée, ce procès très
attendu a attiré une foule nombreuse, au point que la salle d'audience s'est
révélée trop exiguë pour contenir tous les curieux.
Moussa Condé a été reconnu coupable de viol
et d'enregistrement d'une représentation à caractère de pornographie infantile
par le biais d'un système informatique.
Ses deux coaccusés, Oumar Condé
et Lanceï Keita, mineurs, ont pour leur part été mis à la
disposition du tribunal pour enfants, selon une procédure distincte.
Sur l'action civile, le tribunal a par
ailleurs constaté le désistement de la victime, représentée par son père
adoptif, conformément à un acte daté du 6 mai 2026 et enregistré au greffe du
cabinet d'instruction le 7 mai 2026.
La défense plaide la clémence
À la barre, Moussa Condé a reconnu les faits
tout en implorant la clémence de la justice. Son avocat, Me Ibrahima
Kalil Kanté, a plaidé en faveur d'une peine allégée : «
C'est un jeune qui n'a pas encore atteint la vingtaine. Que peut-il devenir ?
La justice de notre pays n'est pas là pour se venger. Elle est là pour
enseigner, éduquer et corriger. »
Le ministère public avait requis 20 ans de
réclusion criminelle et un milliard de francs guinéens d'amende. À l'issue du
prononcé, Me Kanté a estimé que le tribunal avait suivi sa plaidoirie : « Je
crois que le tribunal est parti sur ma plaidoirie, parce que j'avais demandé
qu'on ait pitié de mon client. La loi prévoit une peine de 10 à 20 ans. Le
procureur avait requis 20 ans, et j'ai demandé qu'il bénéficie des
circonstances atténuantes. Les 15 ans prononcés montrent que le tribunal a pris
cela en compte. »
L'avocat a toutefois annoncé son intention
d'interjeter appel devant la Cour d'appel de Kankan, espérant une réduction
supplémentaire de la peine : « Si elle pouvait être ramenée à 10 ans, ce serait
une bonne décision pour mon client. »
Le parquet satisfait, pas d'appel
prévu
Le procureur de la République près le
tribunal de première instance de Mandiana, Abdoulaye Soumah,
s'est dit satisfait de la décision, malgré l'écart avec ses réquisitions : «
Nous sommes satisfaits de cette décision. Certes, nous avions requis 20 ans de
réclusion criminelle, mais les 15 ans de prison ferme et les 700 millions de
francs guinéens d'amende constituent un signal fort adressé à tous ceux qui
seraient tentés de commettre de telles infractions. »
Le parquet ne compte pas faire appel,
estimant que le jugement répond aux objectifs de répression et de dissuasion : «
Le message est passé. Nous voulons dire à tous ceux qui s'apprêtent à commettre
ce genre d'actes qu'ils seront poursuivis et que rien ne restera impuni. »
Le procureur a enfin rappelé que les
violences sexuelles reposent sur l'absence de consentement, quelle que soit la
victime : « Les relations intimes doivent toujours être fondées sur le
consentement. On ne peut pas contraindre une personne à subir un acte qu'elle
ne veut pas. »


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