Près d’un an après la mort de l’ancien président Edgar Lungu, le conflit autour de sa sépulture connaît un nouveau rebondissement. Alors que le gouvernement de Zambie affirmait avoir pris possession de sa dépouille, la justice sud-africaine a finalement suspendu son rapatriement.
Selon les autorités zambiennes, le corps avait été transféré d’un funérarium de Pretoria vers un autre établissement, après une décision de justice en Afrique du Sud favorable à l’État.
Mais cette version a été rapidement contestée. Saisie en urgence, la Haute Cour de Pretoria a ordonné le gel du rapatriement de la dépouille vers la Zambie. La juge Rochelle Francis-Subbiah a estimé que l’affaire relevait d’une « extrême urgence » et a exigé que le corps soit remis à une entreprise funéraire désignée par la famille, au moins jusqu’au 21 mai.
Dans la foulée, la famille du défunt a également produit une ordonnance urgente demandant le retour du corps dans le funérarium initial, où il se trouvait depuis son décès, contredisant ainsi les démarches engagées par l’État.
Ce nouvel épisode relance un bras de fer déjà ancien entre les autorités zambiennes et les proches de l’ancien chef de l’État. Le président Hakainde Hichilema souhaite organiser des obsèques nationales à Lusaka, tandis que la famille s’y oppose fermement et plaide pour une inhumation en Afrique du Sud.
Au cœur du différend, une rivalité politique persistante entre Edgar Lungu et son successeur, depuis sa défaite à l’élection présidentielle de 2021. La famille affirme que l’ancien président n’aurait pas souhaité la présence de son adversaire lors de ses funérailles.
Cette crise a déjà conduit à l’annulation de cérémonies officielles, malgré un deuil national décrété par les autorités. Des accusations de vendetta politique ont également émergé, notamment après des poursuites visant des proches de l’ancien président.
Décédé en juin 2025 dans une clinique de Pretoria, à l’âge de 68 ans, Edgar Lungu reste à ce jour sans sépulture. Une situation exceptionnelle qui dure depuis près d’un an et continue d’alimenter tensions et incompréhensions.


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