Depuis son indépendance en 1993, l’Érythrée n’a jamais organisé d’élection nationale, maintenant un système politique fermé dominé par un seul homme. Cette situation, justifiée par des enjeux sécuritaires, pèse lourdement sur les libertés publiques et l’avenir de la jeunesse.
Depuis plus de trente ans, l’Érythrée évolue en marge des pratiques démocratiques observées ailleurs dans le monde. À la tête du pays depuis son indépendance obtenue en 1993 après une longue guerre contre l’Éthiopie, Isaias Afwerki demeure l’unique figure du pouvoir.
Ancien chef de la lutte indépendantiste, il devient président à la naissance de l’État. Pourtant, la Constitution adoptée en 1997, qui prévoyait des élections et l’ouverture au multipartisme, n’a jamais été appliquée. Aucun scrutin national n’a été organisé depuis.
Les autorités justifient cette absence par des impératifs de sécurité. Les tensions récurrentes avec l’Éthiopie, notamment la guerre frontalière entre 1998 et 2000 et les répercussions des récents conflits dans la région du Tigré, sont régulièrement invoquées pour maintenir un état d’exception prolongé.
Au-delà du blocage électoral, le système politique érythréen repose sur un contrôle strict de la société. Le service national, officiellement obligatoire, s’étend souvent sur une durée indéterminée. De nombreux citoyens sont mobilisés pendant des années, sans perspective claire de libération.
La liberté de la presse est également inexistante. Depuis 2001, les médias privés sont interdits, renforçant l’isolement informationnel du pays. Cette fermeture s’étend à la scène internationale, malgré quelques tentatives récentes de rapprochement diplomatique.
L’absence d’institutions fonctionnelles, notamment d’un Parlement actif ou d’un budget public transparent, concentre l’ensemble du pouvoir décisionnel entre les mains de la présidence.
Dans ce contexte, de nombreux jeunes Érythréens choisissent l’exil. Ils fuient un système perçu comme sans issue, marqué par l’absence de perspectives politiques et sociales.
À plus de 75 ans, Isaias Afwerki ne laisse entrevoir aucune transition claire. L’avenir du pays reste incertain, entre immobilisme politique et aspirations d’une population en quête de changement.


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