À Kankan, le calme domine dans les centres de vote. L’affluence, elle, reste limitée dans plusieurs bureaux visités ce dimanche. Alors que les électeurs doivent participer simultanément aux élections législatives et communales, la journée a débuté avec des retards et des difficultés d’organisation signalés sur le terrain.

Prévue à 6 heures, l’ouverture de certains bureaux n’était toujours pas effective après 8 heures, selon plusieurs témoignages recueillis auprès de candidats et d’observateurs. Dans certains cas, les équipes chargées des opérations électorales n’étaient pas encore au complet.

Candidat à l’élection communale, Alassane Dialawassa Kanté affirme avoir constaté ces dysfonctionnements dans plusieurs centres.

« Nous avons constaté un grand retard dans le déroulement du vote. Dans beaucoup de bureaux, les membres ne sont pas au complet. Il y a des bureaux avec seulement deux, trois ou quatre agents présents », explique-t-il.

Selon lui, les difficultés ne concernent pas uniquement le démarrage des opérations. L’orientation des électeurs et l’affectation de certains agents ont également posé problème. À la mi-journée, poursuit-il, des membres de bureaux de vote cherchaient encore leur lieu d’affectation.

Au-delà des aspects logistiques, plusieurs citoyens interrogés évoquent un manque d’information sur les modalités du vote. Les électeurs sont appelés à se prononcer dans le cadre de trois opérations : le scrutin législatif sur la liste nationale, le scrutin législatif de circonscription et l’élection des conseils communaux.

À sa sortie de l’isoloir, Sékou Condé, professeur de biologie et habitant du quartier Gare, estime que cette configuration a déstabilisé une partie de l’électorat.

« Beaucoup de citoyens ne savent pas comment voter. Il y a trois scrutins différents aujourd’hui et, sans explication préalable, cela devient compliqué pour une grande partie de la population », observe-t-il.

Selon lui, certains habitants disent ne pas connaître précisément la nature des élections organisées ce dimanche. D’autres préféreraient ne pas se déplacer plutôt que de participer à un vote dont ils maîtrisent mal les règles.

« Plusieurs personnes disent préférer rester à la maison plutôt que de venir faire un vote qu’elles ne comprennent pas », ajoute-t-il.

La faible fréquentation observée dans plusieurs centres contraste avec les déclarations de certains responsables gouvernementaux présents à Kankan. Après avoir voté au centre Dabadou Karamo Sidibé, dans le quartier Gare, Mory Condé a notamment évoqué une mobilisation des citoyens dans la plupart des bureaux visités par sa délégation.

Les constats peuvent varier selon les lieux et les heures de passage. Dans les centres parcourus pour ce reportage, les files d’attente restaient toutefois réduites au cours de la journée.

Cette faible affluence préoccupe également Amara Kanté, rencontré après son passage dans l’isoloir. L’électeur salue néanmoins le climat apaisé.

« Nous avons voté dans la tranquillité. L’organisation s’est bien déroulée et il n’y a pas eu de bousculade », témoigne-t-il.

Mais l’absence de foule l’interpelle : « Un bon citoyen est toujours appelé à voter. Voir peu de monde dans les centres est un peu décevant. »

Malgré les retards et les difficultés d’orientation signalés, aucun incident majeur n’avait été rapporté dans les centres visités. Les opérations se poursuivaient dans le calme, avec une mobilisation variable d’un bureau à l’autre.

À Kankan, l’attention se porte désormais sur la suite du vote, le dépouillement et la remontée des résultats. La participation constituera également l’un des principaux indicateurs observés à l’issue de cette journée électorale.