Des centaines de Libyens ont manifesté jeudi 5 juin à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Ils protestaient contre la présence de migrants en situation irrégulière dans plusieurs quartiers de la capitale et exigeaient leur expulsion du territoire libyen.

Répondant à des appels relayés sur les réseaux sociaux, les manifestants se sont rassemblés avec des cartons rouges, présentés comme un symbole de leur volonté de voir les migrants quitter la Libye. Plusieurs slogans ont été scandés, notamment : « Non à l’installation des migrants et des réfugiés » et « La Libye appartient aux Libyens ».

Les participants ont également réclamé la fermeture des bureaux du HCR. Ils accusent l’agence onusienne de favoriser la présence de migrants dans le pays.

Certaines pancartes visaient aussi la Première ministre italienne, Giorgia Meloni. Les manifestants l’accusent de vouloir faire de la Libye une zone de rétention pour les candidats à la migration vers l’Europe. D’autres messages rejetaient tout accord qui viserait, selon eux, à maintenir durablement les migrants sur le territoire libyen.

Face à ces accusations, la Mission d’appui des Nations unies en Libye a réagi jeudi soir dans un communiqué. La MANUL a réaffirmé qu’aucune agence des Nations unies, y compris le HCR, ne mettait en œuvre de programme de réinstallation de réfugiés en Libye.

Elle a qualifié de « totalement fausses » les allégations circulant à ce sujet. La mission onusienne s’est aussi inquiétée de la propagation de fausses informations et de discours haineux visant les Nations unies.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye reste plongée dans une instabilité politique persistante. Le pays est divisé entre deux administrations rivales : le gouvernement reconnu par l’ONU à Tripoli et les autorités basées dans l’est sous l’influence du maréchal Khalifa Haftar.

Cette situation a favorisé le développement de réseaux de trafic de migrants. La Libye est devenue l’un des principaux points de départ vers l’Europe pour des milliers de personnes originaires d’Afrique subsaharienne et d’Asie. Selon les données de l’Organisation internationale pour les migrations, environ 900 000 migrants et réfugiés vivaient en Libye à la mi-2024.

L’ONU a récemment mis en garde contre la montée des discours hostiles aux migrants sur les réseaux sociaux, estimant qu’ils pourraient alimenter les tensions, la discrimination et les violences au sein de la société libyenne.