Kankan, le 25 mai 2026 – À quelques semaines des élections législatives en Guinée, la mobilisation s’intensifie sur le terrain. Une délégation de la commission communication N’ko du parti UMP, allié au GMD, a tenu une rencontre stratégique avec des promoteurs des langues nationales, notamment du N’ko, au quartier Bordo, chez le guide spirituel de Djèdèkolabaaya, Nanfo Ismaëla Diaby.

La réunion, marquée par une forte mobilisation d’associations et d’acteurs du mouvement N’ko, a également enregistré la présence du président du Sénat N’ko, Elhadj Mamadi Souaré, ainsi que plusieurs figures engagées dans la promotion des langues nationales.

Prenant la parole au nom de la mission, Nafadji Sory Condé a détaillé les objectifs de cette tournée à l’intérieur du pays.
« Je suis en Haute-Guinée dans le cadre du rabattage électoral en faveur de la liste UMP-GMD. En tant que promoteur des langues nationales, je sillonne le pays pour expliquer comment voter pour la liste UMP, numéro 6 sur le bulletin », a-t-il déclaré.

Dans son intervention, il a également mis en avant le rôle joué par les autorités de la transition dans la reconnaissance des langues nationales.
« Grâce aux démarches engagées, aujourd’hui la Constitution consacre les langues nationales et le français comme langues officielles de la République de Guinée. C’est une avancée majeure », a-t-il souligné.

S’appuyant sur cet acquis, il a lancé un appel clair aux acteurs culturels et linguistiques :
« Nous appelons tous les promoteurs des langues nationales — N’ko, Adlam, Koréssèbèli — à soutenir la liste UMP-GMD, car elle porte des personnalités capables de défendre ces acquis et d’assurer la mise en œuvre de l’article 5 de la Constitution ».

La délégation affirme avoir déjà parcouru plusieurs régions du pays, dont Kindia, Mamou, Faranah et Kankan, menant des campagnes de proximité pour convaincre les électeurs.

Au-delà du soutien à la liste nationale, Nafadji Sory Condé a élargi son message :
« Nous soutenons également tous les candidats promoteurs des langues nationales, qu’ils soient en lice pour les communales ou la députation plurinominale ».

Dans une seconde intervention, il a insisté sur l’importance de soutenir les figures politiques perçues comme favorables à la valorisation linguistique.
« Si aujourd’hui nous constatons des avancées concrètes pour nos langues, nous devons répondre à l’appel de ceux qui ont initié ces changements et les accompagner pour aller plus loin », a-t-il ajouté.

Sur le terrain, ce discours semble trouver un écho favorable. Nanfo Ismaël Diaby, hôte de la rencontre et figure influente du mouvement N’ko, s’est réjoui de cette initiative.
« Nous étions préoccupés par les élections législatives, car nous ne savions pas qui soutenir. Aujourd’hui, nous avons reçu des explications claires », a-t-il affirmé.

Il a notamment salué les actions entreprises en faveur du N’ko :
« Les démarches menées ont permis à notre écriture d’être reconnue officiellement. En retour, nous devons poser un acte fort pour soutenir cette dynamique ».

À l’issue des échanges, les participants ont affiché leur position :
« Nous, adeptes du N’ko de Kankan, avons décidé de voter pour Boubacar Sidiki Diallo. C’est lui que nous avons choisi, et nous appelons tous les promoteurs du N’ko à faire de même », a déclaré Nanfo Ismaëla Diaby.

La rencontre s’inscrit dans un contexte électoral marqué par une forte implication des acteurs culturels et linguistiques, désormais considérés comme des relais d’influence majeurs dans les dynamiques politiques locales.

À mesure que l’échéance électorale approche, la capacité des partis à mobiliser ces réseaux pourrait s’avérer déterminante, notamment dans des régions comme la Haute-Guinée, où les langues nationales jouent un rôle central dans l’identité et la cohésion sociale.