Depuis son exil, l’ancien président Alpha Condé a profité du 67e anniversaire de l’indépendance pour critiquer sévèrement le régime en place. Il dénonce une dérive autoritaire, l’isolement diplomatique et l’aggravation de la pauvreté.

Dans son message à la Nation, l’ancien président guinéen a tiré un constat amer de la situation actuelle du pays. Selon lui, la Guinée traverse « une période dramatique » depuis le coup d’État du 5 septembre 2021.

Alpha Condé accuse la junte d’avoir enterré la démocratie et confisqué les institutions. Il dénonce des violations des droits humains : « arrestations, détentions arbitraires, enlèvements brutaux et disparitions forcées », liste-t-il, avant de pointer du doigt une justice « aux ordres ».

L’ancien chef de l’État affirme également que la corruption a explosé sous l’actuel régime et que le pays vit désormais « dans la désolation et la peur ». À ses yeux, aucun projet majeur n’a vu le jour depuis son départ du pouvoir : « Les grands chantiers que nous avions lancés ont été désorientés et désarticulés pour servir à des intérêts mafieux. »

Sur le plan international, il estime que la Guinée est « isolée diplomatiquement, privée d’opportunités et de crédibilité ».

Mais au-delà de ce réquisitoire, Alpha Condé appelle à l’unité et au sursaut populaire : « La Guinée n’appartient à personne. La Guinée appartient à son peuple », insiste-t-il, appelant à dépasser les divisions ethniques et partisanes pour restaurer la légitimité constitutionnelle.

Il conclut par une promesse de lutte : « Si Dieu le veut, avec la mobilisation de tous, nous allons libérer notre pays des mains de ce groupe de criminels. »

Dans son message adressé à la Nation il a conclu par ces mots : « Pr Alpha Condé, Président de la République. » Une signature qui ne laisse aucune place à l’ambiguïté.

Tout au long de son discours, le fondateur du RPG Arc-en-ciel s’est exprimé comme s’il incarnait encore l’autorité suprême de l’État. « La Guinée n’appartient à personne. La Guinée appartient à son peuple. Ce peuple a le droit inaliénable de choisir ses dirigeants », a-t-il martelé, appelant à la restauration d’un ordre constitutionnel civil.

Pour ses partisans, cette posture reflète une conviction : Alpha Condé demeure le président légitimement élu avant que son mandat ne soit interrompu par la prise de pouvoir militaire. Dans son récit, il insiste d’ailleurs sur les projets qu’il a laissés en chantier et accuse la junte d’avoir « désarticulé » ces réalisations pour servir « des intérêts mafieux ».

Ce refus de se présenter comme un ancien président s’accompagne d’un appel à la mobilisation. « Avec la mobilisation de tous, nous allons libérer notre pays des mains de ce groupe de criminels pour redonner au peuple toute sa dignité, sa liberté et sa pleine souveraineté », a-t-il lancé, dans un ton à la fois combatif et solennel.