Kankan: À la suite de la vive polémique suscitée par les récents propos de l'artiste et reggae man Élie Kamano, qui avait qualifié le peuple mandingue d'« ethnocentrique », les réactions se multiplient. Après la vidéo d'excuses publiée par le chanteur lui-même, c'est au tour de Mossèbè Keita de monter au créneau pour apaiser les tensions. Dans une publication partagée ce mercredi sur sa page Facebook, ce dernier a lancé un vibrant appel au pardon en faveur de l’artiste, s’adressant particulièrement à la communauté mandée et aux Malinkés.
« Nul n’est parfait » : Un appel à la clémence
Pour Mossèbè Keita, l'erreur est humaine et le pardon doit prévaloir sur la rancœur. Il invite la communauté à faire preuve de grandeur d'âme, en s'appuyant sur une comparaison spirituelle forte :
« Nous ne vous demandons pas d’oublier, mais de pardonner 🙏🏾. Sachons que nul n’est parfait et que chacun peut commettre des erreurs dans la vie, y compris vous et moi. Dieu lui-même, qui nous a tous créés, est insulté nuit et jour par les hommes, mais Il finit toujours par leur accorder Son pardon. S’il vous plaît, nous ne vous demandons pas d’oublier ce qui a été fait, mais simplement de pardonner. »
Le contexte d'une détresse personnelle
Pour expliquer l'écart de langage de l'artiste, Mossèbè Keita a tenu à mettre en lumière les circonstances douloureuses et personnelles qui ont pu altérer le jugement d'Élie Kamano. Il révèle notamment que le chanteur traverse une épreuve familiale difficile :
« C’est un père qui ne vit plus avec ses trois enfants depuis des mois, à cause des actes qu’il a lui-même posés dans d'autres circonstances. Imaginez la culpabilité et l’intensité de la douleur qu’un bon père peut ressentir dans une telle situation, au point de l’induire en erreur et de le pousser à commettre des fautes. »
Un artiste historiquement engagé pour l'unité
Le plaidoyer rappelle également le parcours d'Élie Kamano, un artiste qui a longuement œuvré pour la cohésion nationale. Mossèbè Keita souligne que la majeure partie du répertoire musical du reggae man est chantée en langue malinké, ce qui témoigne, selon lui, de son attachement profond, de son respect pour cette communauté et de sa volonté de valoriser les langues nationales pour rapprocher les Guinéens.
Le pardon comme ultime recours
Tout en reconnaissant que les propos de l'artiste ont pu profondément blesser la communauté mandingue ainsi que l’ensemble des citoyens guinéens, l'auteur de la publication estime que le dialogue et la réconciliation doivent avoir le dernier mot.
« Le mal se résout d’abord par la demande de pardon. Alors, pardonnez, s’il vous plaît ! », a conclu Mossèbè Mɔɔ Keita, espérant ainsi tourner cette page sombre et reconstruire les ponts de la fraternité.
Par Djonmassinilon Kallo.


Aucun commentaire pour le moment.