Au lendemain de la tentative de coup d’État des 6 et 7 décembre 2025 visant le président Patrice Talon, l’interpellation de Chabi Yayi, fils de l’ancien chef de l’État Boni Yayi, ravive les tensions politiques au Bénin. L’enquête pour complot contre la sûreté de l’État plonge l’opposition dans une zone de fortes turbulences à quelques mois de la présidentielle de 2026.
L’arrestation de Chabi Yayi, fils de l’ancien président béninois Thomas Boni Yayi, est intervenue dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 décembre 2025, dans un contexte politique extrêmement tendu. Selon des sources sécuritaires concordantes, il a été placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête ouverte pour « complot contre la sûreté de l’État » et « tentative de renversement des institutions », au lendemain du putsch manqué qui a ébranlé le pays.
Cette interpellation survient quelques jours après l’attaque armée menée dans la nuit du 6 au 7 décembre contre la résidence présidentielle et la radiotélévision nationale. Des militaires mutins, conduits par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, avaient alors annoncé à l’antenne la destitution du président Patrice Talon et la mise en place d’un « comité militaire ». La tentative a rapidement été déjouée par les forces loyalistes, appuyées par le Nigeria et des partenaires régionaux, permettant le rétablissement de l’ordre constitutionnel au terme d’affrontements meurtriers.
Dans la foulée, les autorités béninoises ont lancé une vaste opération sécuritaire pour identifier les auteurs et complices présumés du soulèvement. Le gouvernement attribue la responsabilité du complot à un réseau mêlant militaires et civils, tandis que le principal chef des putschistes, le lieutenant-colonel Pascal Tigri, reste activement recherché, certaines sources évoquant sa fuite hors du territoire national.
Face à la gravité des événements, Thomas Boni Yayi est sorti de son silence. Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, l’ancien président a condamné une « attaque sanglante et ignoble » contre la République, exprimé sa solidarité au président Patrice Talon et réaffirmé son attachement à la primauté des urnes et au jeu démocratique.
Mais l’arrestation de son fils place le parti d’opposition « Les Démocrates » dans une position délicate. Dans un communiqué publié le 7 décembre, la formation a rejeté toute prise de pouvoir par la force et salué l’action des forces de défense. En interne, toutefois, cette arrestation alimente un sentiment de ciblage politique, dans un contexte où le parti dénonce déjà son exclusion du scrutin présidentiel d’avril 2026, faute de parrainages validés par la Cour constitutionnelle.
Alors que le pouvoir assure vouloir « faire toute la lumière » sur la tentative de déstabilisation, l’opposition redoute une instrumentalisation sécuritaire de la crise pour affaiblir davantage ses rangs. À quelques mois d’une présidentielle déjà controversée, le climat de suspicion et de méfiance continue de peser lourdement sur la scène politique béninoise.
silabosoona.com


Aucun commentaire pour le moment.