Du 6 au 9 décembre 2025, le Bénin a vécu un enchaînement de violences inédites. Tentative de putsch, prises d’otages, intervention militaire régionale et reprise en main par le pouvoir : retour sur trois jours qui ont ébranlé la République.
2 h du matin : attaque meurtrière contre le général Bada Dans la nuit du 6 au 7 décembre, des soldats mutinés prennent pour cible le domicile du général Bertin Bada, à Abomey-Calavi. L’épouse de l’officier est tuée. Le général survit, mais des sources initiales font état de blessures graves.
Enlèvements et départ vers Tchaourou Les mutins enlèvent deux hauts gradés : le colonel Faïzou Gomina et le général Abou Issa. Ils sont conduits vers Tchaourou, où ils sont menacés d’exécution.
Aube du 7 décembre : les putschistes à la télévision Huit militaires apparaissent sur l’ORTB pour annoncer la chute du régime. Ils se présentent comme membres d’un « Comité militaire pour la refondation », dirigé par le lieutenant-colonel Pascal Tigri. Ils suspendent la Constitution, ferment les frontières et dissolvent les institutions.
Vers 11h : le gouvernement contre-attaque Le ministre de l’Intérieur dénonce une « mutinerie ». Des tirs sont signalés autour de la présidence et de la base de Togbin. La télévision est brièvement occupée. Des journalistes de l’ORTB sont retenus puis libérés.
Appel à la CEDEAO et entrée du Nigéria La CEDEAO condamne la tentative et engage sa force en attente. Le Nigéria effectue des frappes aériennes ciblées sur Togbin. Des troupes ivoiriennes, ghanéennes et sierra-léonaises sont mobilisées.
Soirée du 7 décembre : discours de Patrice Talon Le président parle d’une mutinerie ratée, félicite les forces loyales et promet des poursuites contre les responsables. Il assure que la situation est sous contrôle.
8 décembre : Conseil des ministres exceptionnel Les deux officiers enlevés sont libérés. Le gouvernement confirme la mort de l’épouse du général Bada. La base de Togbin passe sous contrôle de la CEDEAO. Des mutins sont tués ou capturés, d’autres sont en fuite.
9 décembre : la CEDEAO salue un retour au calme Le président sierra-léonais salue le leadership de Talon et le courage de l’armée. La force régionale reste déployée.
Mais des zones d’ombre persistent
- Le bilan humain exact reste inconnu.
- Le rôle précis des soutiens des mutins n’est pas clair.
- Le déploiement régional soulève des questions de souveraineté.
- Le contexte pré-électoral reste tendu, avec des accusations de restrictions contre l’opposition.
La tentative de coup d’État a été déjouée, mais elle laisse entrevoir les fragilités d’un pays longtemps présenté comme modèle de stabilité démocratique.
silabosoona.com


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