Le cyberactiviste burkinabè Alino Faso, de son vrai nom Alain Christophe Traoré, est décédé en détention à Abidjan, plusieurs mois après son arrestation. Si les autorités ivoiriennes évoquent un suicide, le gouvernement burkinabè dénonce un manque de transparence et réclame des éclaircissements officiels sur les circonstances de sa mort.
Alain Traoré, connu sous le pseudonyme d’Alino Faso, avait été interpellé le 10 janvier 2025 à Abidjan par les services de sécurité ivoiriens. Proche du régime militaire du Burkina Faso, il était installé en Côte d’Ivoire depuis 2021 où il gérait un restaurant, tout en restant actif sur les réseaux sociaux. Selon les premières déclarations du porte-parole du gouvernement ivoirien, son arrestation s’inscrivait dans le cadre d’une procédure judiciaire en cours, sans que les autorités ne détaillent les charges dans l’immédiat.
C’est par la suite que le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan a révélé les chefs d’inculpation : espionnage, intelligence avec des agents d’un État étranger, complot contre l’autorité de l’État, propagation de fausses informations et atteinte à la Défense nationale. Ces accusations faisaient d’Alino Faso un détenu hautement sensible dans un contexte régional tendu, marqué par des divergences croissantes entre certains pays de la CEDEAO.
Le 24 juillet 2025, son corps a été retrouvé dans sa cellule à l’école de gendarmerie d’Abidjan. Le communiqué du procureur évoque un suicide par pendaison, après une première tentative d’ouverture des veines au poignet. Le magistrat a annoncé l’ouverture d’une enquête pour établir les circonstances exactes de cette mort.
Mais cette version officielle ne convainc pas Ouagadougou. Le lendemain de l’annonce, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a convoqué la chargée d’affaires de l’ambassade ivoirienne pour exprimer la colère des autorités burkinabè. Le ministre a dénoncé un « mépris » et un « manque de courtoisie », affirmant que le Burkina Faso n’a pas été formellement informé du décès, que la famille du défunt a découvert sur les réseaux sociaux.
Le gouvernement burkinabè a exigé le rapatriement immédiat du corps de son ressortissant. « Il a été déchu de la nationalité ivoirienne. Il reste un Burkinabè et nous voulons recevoir son corps ici, au Burkina Faso », a déclaré le ministre, réaffirmant la volonté des autorités de connaître toute la vérité sur cette affaire.


Aucun commentaire pour le moment.