Le président sortant de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle avec plus de 76 % des voix, selon des résultats provisoires publiés par l’autorité électorale. Une partie de l’opposition rejette le processus et conteste les chiffres.

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a remporté un troisième mandat à l’issue de l’élection présidentielle organisée le mois dernier, d’après les résultats provisoires rendus publics lundi soir par l’Autorité nationale des élections. Âgé de 68 ans, le chef de l’État sortant est crédité de 76,15 % des suffrages.

Un groupe de personnes en train de célébrer dans la rue, avec des mouvements expressifs et des vêtements colorés, dans un environnement nocturne.

Le scrutin s’est déroulé dans un contexte particulier, marqué par le boycott de la principale coalition de l’opposition. Celle-ci avait dénoncé un environnement politique jugé inégal, après l’adoption par référendum d’une réforme constitutionnelle supprimant la limitation du nombre de mandats présidentiels. Malgré la présence de six candidats en lice, l’absence de l’opposition majeure a pesé sur la crédibilité du processus aux yeux de ses détracteurs.

Sur environ 2,4 millions de citoyens inscrits, les électeurs ont été appelés à voter lors d’un scrutin inédit dans le pays, combinant simultanément les élections présidentielle, législatives, régionales et municipales. Les autorités ont présenté cette organisation comme une avancée institutionnelle, tandis que des voix critiques y voient une source de confusion et de fragilités logistiques.

Deux candidats de l’opposition ont déjà rejeté les résultats provisoires, évoquant des irrégularités et des fraudes présumées imputées à l’Autorité nationale des élections. Le principal challenger, Anicet Georges Dologuélé, arrivé deuxième avec 14,66 % des voix selon les chiffres officiels, s’est proclamé vainqueur dès vendredi dernier.

Une réunion politique où plusieurs personnes, y compris des journalistes, entourent un homme au centre, parlant devant des microphones multicolores.

La République centrafricaine reste marquée par un lourd passif sécuritaire. Le pays est plongé dans un conflit depuis 2013, après la prise de pouvoir de groupes rebelles majoritairement musulmans ayant contraint l’ancien président François Bozizé à quitter le pouvoir. Un accord de paix signé en 2019 entre le gouvernement et quatorze groupes armés avait permis une relative accalmie, même si six de ces groupes s’en sont ensuite retirés.

Sur le plan sécuritaire, la présence du groupe paramilitaire russe Wagner a longtemps assuré la protection du président Touadéra. Toutefois, des tensions sont apparues avec Moscou après la demande russe de remplacer Wagner par l’African Corps, une force contrôlée par l’État russe. Parallèlement, la mission de maintien de la paix des Nations unies, MINUSCA, déployée depuis 2014, fait face à une réduction progressive de ses effectifs en raison de contraintes budgétaires.

Malgré une baisse relative des violences, la sécurité est restée l’une des principales préoccupations des électeurs, dans un pays où la stabilité demeure fragile et étroitement liée aux équilibres politiques et militaires.