D’après les résultats provisoires annoncés, Développement Grand Tomba (DGT)
a obtenu 763 voix pour 3 sièges. L’Union des jeunes pour le progrès et le
développement de la commune rurale de Tomba-Kanssa totalise 1243 voix pour 4
sièges. La Génération pour la modernité et le développement (GMD) arrive en
tête avec 2712 voix, soit 10 sièges.
Mais ces résultats sont rejetés par des acteurs
locaux qui dénoncent des irrégularités présumées dans le déroulement du
scrutin. Moustapha Bérété, présenté comme membre de la DGT, affirme que le vote
n’a pas eu lieu dans des conditions normales.
‘’Tout le monde sait qu’il n’y a pas eu d’élection à Tomba-Kanssa. Nous savons tous à quelle heure le vote a commencé. C’était à 17h50 et à 21h30, ils ont arrêté le vote’’, déclare-t-il.
Il soutient que les bulletins de vote
n’auraient pas été envoyés en quantité suffisante. Selon lui, des spécimens
auraient été photocopiés et distribués dans l’urgence.
‘’Les spécimens qu’ils ont photocopiés et donnés urgemment n’étaient pas suffisants. Nous ne sommes pas d’accord avec le résultat donné. Notre parti, personne ne nous a financés. Don DGT n’est pas d’accord avec le résultat’’, ajoute-t-il.
Moussa Bérété abonde dans le même sens. Il estime que les élections à Tomba-Kanssa auraient été marquées par des pratiques irrégulières. ‘’En ce qui concerne les élections à Tomba-Kanssa, elles étaient minées par la tricherie. Le gouvernement devait nous dire qu’il n’y a pas d’élection. Cela valait mieux que de faire voter et récupérer nos argents’’, affirme-t-il.
Il dénonce également le choix de responsables
qu’il dit rejetés par une partie de la population.
‘’Ils ont choisi des gens que la population n’aime pas mettre à la tête. Nous ne les aimons pas. Nous alertons le gouvernement avant qu’il n’y ait malheur. Les gens qui ont été choisis, on ne les aime pas. Nous ne voulons pas de sa gestion. Elle ne fait que nous mettre en retard’’, prévient-il.
De son côté, Baba Moussa Diaby, manifestant,
affirme que le vote aurait été perturbé dans plusieurs localités. Il évoque
notamment un manque de bulletins et l’utilisation de copies.
‘’Ce qui s’est passé ici n’est caché à personne. Il n’y a pas eu de vote. Les bulletins qui sont venus, ils en ont fait comme bon leur semblait. On n’a pas eu de bulletins. Les copies que nous avons utilisées, ils les ont partagées comme ils voulaient’’, déclare-t-il.
Selon lui, le vote aurait commencé autour de
18 heures et se serait poursuivi par endroits jusqu’à 3 heures du matin. Il
affirme aussi que, dans certains villages, seuls quatre votants auraient pris
part au scrutin pour toute la localité.
Ces accusations interviennent alors que, le
jour du scrutin, le sous-préfet
avait confirmé que le vote avait débuté entre 10h et 10h30. Les populations
contestataires, elles, soutiennent que les opérations auraient commencé plutôt
entre 18h et 19h. Le même jour, à 22h, le sous-préfet joint par téléphone avait
indiqué que le vote avait été arrêté, estimant que nul n’est au-dessus de la
loi.
Face aux contestations, le sous-préfet,
commandant Joseph Soumah, a salué l’attitude des manifestants, tout en les
invitant à privilégier la voie légale.
‘’Vous êtes mes populations. J’ai compris que vous ne voulez pas faire de pagaille. Je n’ai pas constaté de jets de pierre. Ce que je vous demande, la Guinée est un pays de droit. Faites un courrier dans lequel vous mentionnez vos revendications avec les preuves et envoyez-le à la hiérarchie’’, conseille-t-il.
Les contestataires disent ne pas reconnaître
les résultats provisoires annoncés et demandent aux autorités de prendre en
compte leurs revendications. Le sous-préfet les invite, de son côté, à
formaliser leurs griefs par écrit avec des éléments de preuve.


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