Arriver en tête aux élections communales ne suffit pas pour devenir maire. C’est la mise au point faite par Djénabou Touré, Directrice générale des élections, alors que la question de l’installation des futurs exécutifs communaux suscite de nombreuses interrogations.

Dans une clarification ferme, la responsable électorale a rappelé que le statut de tête de liste victorieuse ne donne pas automatiquement accès au fauteuil de maire. Le choix définitif intervient dans un second temps, lors de la session officielle d’installation des conseillers communaux.

« Ce n’est pas parce que vous êtes tête de liste et que vous arrivez en tête que vous êtes de facto élu maire. Il faut que les gens le sachent, parce que c’est ce qui a amené des morts d’hommes lors des élections communales de 2018 », a-t-elle averti, appelant les candidats et leurs partisans à la retenue.

La Directrice générale des élections met ainsi en garde contre les auto-proclamations et les célébrations prématurées. Selon elle, aucun candidat ne peut se déclarer maire avant le vote interne prévu par les textes.

« Un candidat qui arrive en tête, prend sa voiture, sort dans la rue et dit : “J’ai gagné, je suis le maire”, non ! Tu es tête de liste, tu n’es pas encore le maire d’une commune », a insisté Djénabou Touré.

Le maire est élu par les conseillers communaux élus, dont le nombre varie selon la population de la commune. D’après la DGE, une commune peut compter entre 17 et 45 conseillers. Ce sont ces élus qui procèdent ensuite au choix du maire, lors d’une session d’installation organisée à cet effet.

« Il y a une élection qui s’organise à l’interne lors de la session d’installation des conseils communaux. C’est bien possible qu’un candidat tête de liste y soit battu », a-t-elle précisé.

Djénabou Touré assimile cette étape à un “deuxième tour” interne, réservé exclusivement aux conseillers communaux élus. Plusieurs candidats peuvent se présenter au poste de maire, même si l’un d’eux a conduit la liste arrivée en tête.

« Si les 45 conseillers votent pour toi, tant mieux. Si tu es le seul candidat, tant mieux. Mais s’il y a trois autres candidats face à toi, le vote s’organise. C’est ce que j’ai toujours appelé le “deuxième tour”. Ces deuxièmes tours se font exclusivement entre les conseillers communaux élus », a-t-elle expliqué.

Cette clarification vise à prévenir les tensions politiques et sociales qui peuvent naître d’une mauvaise interprétation des résultats communaux. La DGE appelle ainsi les acteurs politiques, les candidats et les citoyens à respecter les procédures jusqu’à l’installation officielle des exécutifs municipaux.